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Ancrage et proximités familiales dans les villes nouvelles franciliennes : une approche comparative

Les villes nouvelles franciliennes avaient pour projet de constituer de véritables bassins de vie au sein de la grande couronne. Trente-cinq ans après leur lancement, il apparaît que les Franciliens se sont ancrés dans les villes nouvelles d’une manière spécifique. Cette spécificité relève principalement de la centralité qui fonde ces espaces urbains et du caractère massif de leur peuplement. Si la venue en ville nouvelle a signifié avant tout l’accès à la propriété, les femmes ont pu y trouver un lieu de recours pour se loger au moment d’une séparation conjugale. Il est en outre significatif que les personnes venant vivre dans une ville nouvelle s’y sont plus souvent fixées que ne l’ont fait les autres habitants de la grande couronne, ce indépendamment de leur statut social ou de la nature de leur logement. Peut-être cet ancrage est-il dû à une plus grande proximité de leurs enfants, mise ici en évidence, après leur décohabitation ?

Généalogie d’un mythe : les établissements publics d’aménagement des villes nouvelles

Les aménageurs des villes nouvelles françaises attribuent souvent l’originalité de ces villes à l’utilisation d’une forme administrative nouvelle : les établissements publics d’aménagement. L’analyse historique dément cette conception déterministe à différents niveaux. D’une part, les EPAVN s’inscrivent dans une tradition biséculaire d’établissements publics. D’autre part, le choix politique qui a consisté, au milieu des années 1960, à préférer la formule des EPA plutôt que celle des sociétés d’économie mixte a fait l’objet de nombreux débats et compromis. Entre-temps, la conception des villes nouvelles a fait l’objet d’un changement d’échelle. Imaginées à l’origine dans un contexte régional, les villes nouvelles se territorialisent dès la fin des années 1960. La lenteur de la transformation des missions d’études en établissements publics d’aménagement indique que les tensions au sein de l’exécutif ne sont pas apaisées à l’heure où sont lancés les premiers chantiers.

Le Programme d’Histoire et d’Évaluation des villes nouvelles : bilan et perspectives de la recherche historique

Entre 1999 et 2005, les villes nouvelles françaises ont fait l’objet d’un vaste Programme d’histoire et d’évaluation confié à Jean-Eudes Roullier. À l’occasion de ce programme, les historiens ont réinvesti un champ de recherche qu’ils avaient abordé une première fois à la fin des années 1980. L’achèvement de la Mission Roullier permet de mesurer l’état de la recherche historique sur les villes nouvelles. Si la question des origines reste ouverte, le PHEVN a aussi permis d’aborder les périodes les plus récentes de réalisation et de gestion des villes nouvelles. De même, alors que l’histoire culturelle avait été absente des premières recherches, elle a fortement conditionné les travaux les plus récents, tant dans les méthodes que dans les sujets de recherche. Le PHEVN participe du renouveau de l’histoire urbaine du contemporain, dans laquelle il devrait trouver ses prolongements naturels.