Archives du mot-clef trajectoire



Géopolitique et métropolisation, le rôle de « minorité intermédiaire » des Juifs d’Istanbul

Cet article retrace les parcours résidentiels et identitaires des Juifs d’Istanbul, leurs trajectoires dans la mégapole turque et dans les différentes diasporas, suite à leurs migrations successives : Israël, France, Espagne, Amériques du nord et du sud. Il repose sur une enquête ethnographique menée au sein de la communauté entre avril 2009 et novembre 2012. À travers le concept de « minorité intermédiaire », il analyse l’évolution du rôle commercial des Juifs dans la métropole stambouliote à l’ère de la mondialisation. L’articulation entre la structure sociale interne de la communauté, notamment en matière de hiérarchie et de don, et son rôle externe permet de dresser une anthropologie économique de la minorité. Le concept de « minorité intermédiaire » révèle indirectement le processus de métropolisation d’Istanbul.

« Comment nous sommes devenus HLM ». Les opérations de mixité sociale à Paris dans les années 2000

Cet article entend travailler la thématique de la mixité sociale à partir d’une perspective dynamique, qui envisage les situations de mixité à travers la coprésence non de positions mais de trajectoires socio résidentielles différenciées, interagissant au sein d’un cadre global lui-même en évolution. À partir d’une enquête sur les actions menées depuis 2002 par la Ville de Paris en vue d’agir sur la mixité sociale résidentielle, il met en évidence la pertinence de la distinction entre mobilités actives et passives afin de comprendre les discours et pratiques des habitants concernés. Il éclaire la multiplicité des points de vue, de l’ascension sociale au déclassement, et souligne comment la contrainte vécue conduit à l’exacerbation des rapports sociaux et des logiques de distinction autour de la question raciale. Dans cette perspective, la figure du ghetto devient prégnante et souligne combien l’objectif de cohésion par la mixité est loin d’être atteint.

Stratégies résidentielles et position sociale : l’exemple des localisations périurbaines

L’analyse des rapports entre social et spatial s’élargit, depuis quelques années, aux zones périurbaines dont le développement n’est pas sans effet sur l’accentuation des polarisations au sein des métropoles puisque s’y installent, de manière privilégiée, les « classes moyennes ». Une analyse rapprochée des caractéristiques sociales de ces périurbains montre que, s’ils sont socialement diversifiés, leurs trajectoires professionnelle et sociale présentent certaines similitudes les rendant incertains de leur position sociale. Profitant d’une conjoncture biographique favorable, et mobilisant le modèle résidentiel de la maison individuelle, ils vont investir, de manière socialement différenciée, la sphère résidentielle pour améliorer leur position sociale. La progression dans la trajectoire résidentielle s’avère d’autant plus nécessaire que l’identité sociale d’origine professionnelle est insatisfaisante.