Archives du mot-clef territorialisation



Les enjeux de la territorialisation d’une lutte sociale : le cas des intermittents du spectacle

En s’appuyant sur une longue enquête ethnographique, l’article propose d’analyser les déplacements des intermittents du spectacle, mobilisés pour la défense de leur régime d’indemnisation entre 2003 et 2006, d’un point de vue à la fois topographique (celui des espaces physiquement occupés) et symbolique (celui de la signification du mouvement). La thèse défendue est que le territoire investi, dans ses dimensions indissociablement géographiques et sociales, contribue à façonner la cause portée par les contestataires, au même titre que l’identité revendiquée ou que le répertoire d’action mis en œuvre. Afin de produire une représentation cohérente, ceux qui se mobilisent sur un registre culturel mènent la lutte prioritairement dans les mondes du spectacle (théâtres, festivals, etc.) ; ceux qui souhaitent redéfinir le mouvement sur un registre plus politique (celui de la précarité généralisée) tentent de le conduire dans des espaces communs à l’ensemble du salariat (bureaux des ASSEDIC, du MEDEF, etc.).

La territorialisation de l’enjeu « sécurité routière » : vers un basculement de référentiel ?

L’article proposé ici est centré sur le mouvement de territorialisation en ce qu’il affecte le contenu de l’action publique. En l’appliquant à la politique de sécurité routière, nous faisons l’hypothèse qu’une autre construction et une autre prise en charge de ce problème public peuvent émerger par sa territorialisation.
Le référentiel dominant de la politique publique de sécurité routière est centré sur la mise en cause des comportements déviants des conducteurs. Contesté de longue date par les chercheurs en sécurité routière, ce référentiel sectoriel, fragile car non porté par une corporation, ne résiste pas à sa confrontation au local. Sous les effets conjugués d’un contexte global de remise en cause de l’automobile et de la construction de politiques territoriales qui s’affranchissent des référentiels sectoriels, ce secteur d’action publique est en mouvement.

Sécurité et gouvernance flexibleà Johannesburg et au Cap : légiférer pour gouverner ?

Depuis l’abolition de l’apartheid, les montages sécuritaires locaux prolifèrent au Cap et à Johannesburg. Ils reposent sur des partenariats très variés entre pouvoirs publics et acteurs non étatiques. Or les premiers hésitent à légiférer et font, en la matière, des choix instables dans le temps et différenciés dans l’espace métropolitain. Notre hypothèse est que cela reflète une redéfinition de la nature du pouvoir de l’État et de son rapport à l’espace métropolitain : il choisit une «gouvernance flexible», forme de domination par la «fluidité» spatiale et temporelle en réponse à l’instabilité des alliances politiques, aux conflits sur l’échelle de gouvernance urbaine et ce pour assurer la territorialisation de politiques urbaines néolibérales.