Archives du mot-clef territoires



La dialectique dans la comparaison. Construction d’une enquête franco-italienne et échelles d’analyse

La présente contribution soutient l’importance d’une approche inductive et dialectique de la comparaison. Une approche inductive de la comparaison a l’avantage de nous faire plonger dans des situations concrètes au travers d’une recherche empirique localisée et de faire remonter les données de recherches effectuées vers les résultats empiriques d’autres auteurs et la mise en débat des théories. Une approche dialectique de la comparaison prévoit que la confrontation des différents terrains d’enquête mobilisés puisse représenter une opportunité d’interroger constamment les phénomènes observés dans l(es)’autre(s) terrain(s), tout particulièrement lorsqu’ils sont dissemblables et divergents. Cet argumentaire s’appuie sur l’analyse concrète de notre processus comparatif d’enquête : nous restituons le contexte de contraintes et d’opportunités nous ayant conduit, à partir d’une enquête sur les relations entre sites industriels à risques et territoires dans le Val de Durance, à prolonger la comparaison dans une dimension transnationale avec le site chimique de Rosignano en Toscane (Italie).

L’anthropologue et ses territoires. Qu’est-ce qu’un territoire aujourd’hui ?

À la manière de l’autobiographe, l’auteur nous parle ici de ses territoires successifs comme ayant été à la fois ses lieux de vie et ses terrains de recherche. Il tente de déceler, dans le même mouvement de l’esprit, l’évolution de son regard et la manière dont celui-ci a été conditionné par l’évolution même de ces territoires. Dans une société marquée par une très grande mobilité, l’anthropologue « voyeur » et voyageur mimétise en quelque sorte l’expérience même des territoires et des habitants qu’il a fréquentés.

Pratiques linguistiques et parcours migratoires : une articulation complexe

La relation entre les parcours migratoires et les pratiques linguistiques révèle un lien complexe entre les langues parlées et la mise en place d’un sentiment d’appartenance territorial. En particulier, dans cet article on étudie comment le rapport privilégié à une langue régionale ou une langue d’immigration témoigne ou favorise un ancrage territorial. Parler la langue locale du lieu où l’on vit, du lieu auquel on se sent appartenir, c’est en quelque sorte donner une forme de légitimité supplémentaire à une inscription territoriale. Toutefois, ce sentiment d’appartenance à un territoire s’exprime de manière multiple. Il est plus ou moins mobilisé comme composante identitaire selon les parcours de vie et les situations personnelles. Une typologie des différentes formes d’articulation entre pratiques linguistiques et inscriptions spatiales vient éclairer l’interaction réciproque des parcours géographiques et des pratiques linguistiques et rend compte de la diversité des rapports à la langue et au territoire.

Proximité et relation emploi-formation : au carrefour des disciplines

Les politiques d’emploi et de formation relèvent de plus en plus d’une action publique multiniveaux. Les évolutions économiques s’accompagnent d’un recours accru à la formation et d’une plus forte instabilité de la relation d’emploi. La décentralisation en cours conduit à associer plusieurs catégories d’acteurs à la décision publique et à rapprocher cette dernière des lieux d’émergence des problèmes. C’est dans ce contexte que la notion de proximité est convoquée comme condition à la coordination d’acteurs, permettant l’échange d’information et la réduction d’incertitude nécessaire à la construction de l’action. L’action publique décentralisée, territorialisée mobilise la proximité pour assurer sa légitimité. Ainsi, sciences économique et politique sont-elles interrogées par l’émergence de la notion de proximité dans l’analyse des évolutions des politiques publiques d’emploi et de formation.

Autres figures et autres territoires : les recompositions du volontariat chez les sapeurs-pompiers

Le volontariat, se présente, chez les sapeurs-pompiers, comme un enjeu majeur pour les années à venir. Il en va en effet du maintien du modèle républicain de sécurité civile en France. L’enjeu est d’autant plus crucial que des doutes pèsent sur son évolution. On observe, de fait, un recul et une réduction de la durée de l’engagement des volontaires. La recherche que nous avons menée pour le compte de la Direction de la sécurité civile montre cependant que le volontariat n’a pas dit son dernier mot. On assiste, en effet, à l’émergence de nouvelles figures du volontariat qui témoignent moins de son déclin que de sa recomposition. Cette dernière est, à la fois, cause et effet d’une modification du rapport des sapeurs-pompiers aussi bien au territoire, à la temporalité qu’à l’appartenance au corps lui-même. Reste à savoir si l’équilibre entre les formes anciennes et nouvelles du volontariat résistera aux exigences accrues de la professionnalisation.