Archives du mot-clef sociologie



L’observation du local globalisé. L’exemple de l’espace social alimentaire polynésien

L’espace social, tout autant physique que symbolique, est déterminé par la dynamique des systèmes de relation d’un groupe considéré. Appliqué au champ de l’alimentation, il renvoie aux rapports d’un groupe social aux aliments à travers ses représentations et pratiques spatialement et temporellement situées. Du fait du caractère particulièrement normatif de l’alimentation et de son rapport à l’intime, l’observation directe constitue une méthode privilégiée pour faire apparaître des rapports à l’espace social alimentaire invisibles autrement. Au-delà des limites inhérentes à la méthode, nous nous intéresserons à son recours dans un espace « localisé », et à l’impact du phénomène de globalisation sur les cadres spatiaux de la recherche.

La loutre ex situ

Porter un regard sur la conception des réseaux écologiques oblige à interroger ce qui avait été, au préalable, externalisé dans la gestion des espèces animales. Nous comparons deux études de cas sur un animal très difficile à observer dans la nature, la loutre. Dans le suivi de l’espèce que supposent les corridors écologiques, l’extérieur devient alors une question spécifique. Au lieu de l’isolement qui servait autrefois à contenir les menaces, la liberté d’échanges attribuée désormais à cette espèce animale, comme à d’autres, suppose une autre organisation de l’espace et des collectifs concernés.

Terre et ciel : étude sociologique d’espaces-temps sportifs marginaux

La spéléologie urbaine et le BASE jump interrogent l’appropriation d’espaces pour soi au sein d’un groupe de pairs cooptés. Ces expériences corporelles en marge de toute reconnaissance institutionnelle (fédérations ou clubs sportifs) soulignent une volonté d’extraction momentanée du travail, de la famille, véritable recomposition du « théâtre de la vie quotidienne » (Goffman, 1973). Les pratiquants endossent le rôle de spectateur au sein de l’espace subi (« monde du dessus ») et celui d’acteur au sein d’un espace ludique et transgressif (monde outsider).

L’innovation dans les sports de nature : l’irruption de nouvelles activités dans unestation de sports d’hiver

Les stations de moyenne montagne doivent faire face à des changements climatiques, à l’évolution des goûts de la clientèle et à l’irruption d’activités sportives nouvelles sur leur site. Le présent article interroge la manière dont une petite station de sports d’hiver du Vercors (France), Font d’Urle, s’adapte à cette nouvelle donne. Les sports émergents ont été considérés comme des innovations et leurs acteurs doivent coexister socialement et spatialement avec les acteurs du ski. L’enquête révèle une double situation. D’une part, un nouvel espace de pratique éloigné des remontées mécaniques fait converger humains et non-humains par la constitution d’un collectif. D’autre part, les pratiques sportives itinérantes cherchant à traverser la station sont quant à elles controversées. L’état d’avancement des collectifs s’explique par l’imbrication des espaces de pratique, par leur continuité ou leur discontinuité et par la perturbation des acteurs et de l’espace de l’activité dominante : le ski.