Archives du mot-clef rénovation urbaine



Les scenarii contradictoires du retour en ville : le cas de l’université Paris XIII

Fondée en 1971 l’université Paris XIII est confrontée depuis ses débuts à une double problématique d’intégration urbaine et de stratégie territoriale. Les projets contemporains de repositionnement de l’université dans l’espace universitaire francilien et plus particulièrement au nord de Paris se heurtent aux difficultés structurelles d’insertion urbaine de Paris XIII en particulier sur le site principal du campus de Villetaneuse. Le recours à une analyse historique et spatiale croisée permet de mettre à jour les déterminismes qui pèsent sur les choix d’aménagement et les stratégies des différents acteurs aujourd’hui en charge du destin de l’université et des relations avec son environnement urbain. Le développement de l’intercommunalité de projet, l’opportunité de la présence d’un établissement public d’aménagement sur le territoire, les stratégies scientifiques et territoriales de la présidence de l’université accentuées depuis la loi LRU forment objectivement des conditions nouvelles pour repenser le « retour en ville » de l’université. Paris XIII ne peut pas, pour autant, faire table rase du passé de son échec urbain dont les failles rejouent sans cesse et placent la décision sous le signe de la schizophrénie.

« On les aide à partir ». Le relogement comme révélateur des contradictions du développement social dans le cadre de la rénovation urbaine

Cet article étudie une opération de rénovation urbaine donnant lieu à la démolition d’une tour d’habitation et au relogement des populations dans le cadre d’une opération de rénovation urbaine menée dans le 17e arrondissement de Paris. il s’intéresse plus particulièrement aux acteurs institutionnels en charge de promouvoir ce projet de transformation du quartier, plutôt qu’aux habitants directement. Comment leur action fondée sur le développement des ressources et des capacités locales s’exerce-t-elle ? Comment les différents acteurs institutionnels correspondant à différentes scènes d’action développent-ils l’articulation entre communication sur le projet et travail de proximité ? Comment tentent-ils de couper les fils qui constituaient l’attachement des habitants à leur lieu de vie ? Quelles sont leurs méthodes et les difficultés auxquelles ils se heurtent ? Que nous apprennent leurs difficultés sur le rapport des classes populaires aux nouvelles méthodes managériales et à la transformation de leur lieu de vie ?

Le concept de patrimoine bâti, alibi des modèles urbains soumis à la rente foncière en Europe

À partir d’une analyse des différentes acceptions données au concept de patrimoine bâti, l’article propose une théorisation de la relation entre ces changements de signification et l’évolution du capital et de ses modes de reproduction rapportée à la production de l’espace. Plus précisément, il s’agit de montrer que la notion de patrimoine n’est pas indépendante du processus de formation du « modèle urbain de la rente foncière » défini par Campos Venuti. Dans ce processus, trois moments peuvent être identifiés pour l’Espagne et l’Europe d’après-guerre, correspondant à autant de conceptions du patrimoine : d’abord, un modèle urbain basé sur l’extension de l’espace urbanisé et sa transformation quantitative, auquel correspond une notion du patrimoine circonscrite aux monuments ; ensuite, un deuxième moment où le modèle, basé sur la limitation qualitative du développement urbain, va de pair avec une définition du patrimoine comme « ensemble monumental » ; enfin, un troisième moment, avec un modèle basé sur la restructuration socio-spatiale, qui donne lieu à des conceptions patrimoniales de plus en plus abstraites.

De quelques effets sociaux des démolitions d’immeubles.Un grand ensemble HLM à Saint-Étienne

L’article présente les résultats d’une recherche récente traitant des effets sociaux des démolitions d’immeubles dans des quartiers HLM. Si le «renouvellement urbain» revalorise les quartiers concernés, et vise ainsi à attirer ou à maintenir les classes moyennes, en revanche,les conditions de relogement qui découle des démolitions sont des contraintes objectives qui pèsent fortement sur le parcours social-résidentiel des familles populaires. Plus largement, les démolitions interagissent significativement sur les rapports sociaux du grand ensemble en bouleversant les conditions de vie et de logement des habitants et en touchant aussi aux partitions sociales du quartier.

Artefacts sécuritaires et urbanisme insulaire : les quartiers d’habitat social rénovés à Belfast

L’objectif de cet article est de montrer que le processus de rénovation urbaine des années 1980 et 1990 à Belfast tend à créer des espaces insulaires. En effet, des considérations multiples sont à l’origine de la création de quartiers tournés sur eux mêmes mais pas totalement isolés. Le conflit communautaire et la violence confessionnelle sont en trame de fond, mais des considérations sur la délinquance de droit commun ainsi que les modes en terme de composition urbaine sont en jeu. L’organisme maître d’ouvrage, le Northern ireland Housing Executive (NIHE), gestionnaire du logement ocial est soumis à des pressions et impératifs contradictoires : peurs des communautés locales, revendications des élus et des milices paramilitaires, administration de la voirie opposée à la fermeture des rues. La voirie et les plans-masses des nouveaux quartiers, intégrant des grilles et des murs, sont en rupture avec la trame quadrillée et ouverte du bâti aligné sur rue, sans toutefois réaliser des enclaves retranchées de la ville.