Archives du mot-clef quartier



Ré-habiter sa vie. L’exploration méthodologique d’un nouveau vivre ensemble via le cheminement urbain filmé

La création d’une pension de famille dans un quartier mixte parisien, fait l’objet d’une étude qualitative dans les champs de la sociologie urbaine et de la sociologie visuelle. Le suivi des parcours des nouveaux résidents sortant de situations de mal-logement et leurs processus d’appropriation des espaces de vie et d’installation dans ce nouveau vivre ensemble sont propices à l’exploration d’un protocole méthodologique particulier : le cheminement urbain filmé. Cette démarche exploratoire, mobilisée pour susciter la parole sur les pratiques des espaces vécus est ici soumise à l’examen. À la manière d’un carnet d’enquête, notre propos est d’exposer cette expérience et de proposer une lecture critique de cette méthode qui débouche sur un nouvel espace relationnel d’enquête, soit un nouveau cadre d’observation de co-production sociologique.

Construire l’école du bien-être dans un quartier pauvre. Une expérience d’accompagnement sociologique

L’école française se caractérise par de très médiocres indicateurs concernant le bien-être et le sentiment des enfants d’être chez eux à l’école. Cet article analyse une démarche de reconstruction d’une école dans un quartier défavorisé d’une ville française de taille moyenne. La recherche ethnographique et sociologique est fondée sur la constitution et le suivi d’un groupe comprenant les différents acteurs du quartier concernés par l’école. Cette démarche expérimentale montre les potentialités et les obstacles pour ouvrir le jeu notamment aux associations, aux parents d’élèves et aux enfants. Pour avancer vers une école du bien-être, les auteurs proposent de considérer des enjeux pragmatiques du quotidien de la communauté éducative (cour, sécurité, santé) afin de contourner les polémiques autour des valeurs de l’école.

Lieux de culture et gentrification. Le cas de la Maison des métallos à Paris

Les quartiers en voie de gentrification accueillent aujourd’hui des lieux de culture nombreux et variés. Cet article propose de saisir ces lieux dans leur relation avec l’espace urbain, afin d’interroger le processus de gentrification au regard du rapport que les acteurs urbains entretiennent à la culture. Il s’appuie pour cela sur l’étude d’un lieu de culture parisien, la Maison des métallos. Après une présentation des acteurs et des processus qui ont conduit à l’ouverture de ce lieu dans un quartier en voie de gentrification, l’accent est mis dans une deuxième partie sur les décalages entre le projet initial et la réalité de la programmation comme de la fréquentation. La troisième partie analyse les formes de cohabitation et/ou de conflit entre groupes sociaux que ces lieux cristallisent. En somme, l’article donne à voir des clivages qui renvoient à des visions de la culture et de la ville en partie divergentes.

Le « Village Gai » de Montréal. Une aventure urbaine minoritaire

Cet article interroge l’apparition d’un « quartier gay » à Montréal à travers les changements qui affectent le statut minoritaire et stigmatisé des populations homosexuelles dans les sociétés occidentales contemporaines. À partir d’une enquête portant sur le Village Gai de Montréal, il montre comment l’image du refuge identitaire est d’abord centrale dans la construction du quartier gay durant les années 1980 et comment elle est effectivement mobilisée par une première génération gay montréalaise. Les années 1990 inaugurent une nouvelle étape pour le quartier et les populations gays : celle de la conversion du stigmate en ressource sociale et spatiale.

Vivre le quartier à Tananarive. De la remise en cause d’un mythe urbain universel

Comme dans nombre de grandes villes du monde, les habitants de Tananarive, la capitale de Madagascar, développent des discours relatifs au quartier qui se fondent principalement sur l’analogie entre le quartier et le village. Aussi semble-t-il intéressant de s’interroger sur l’origine de cette analogie dans les discours des citadins, ainsi que sur sa signification : on souhaite montrer qu’elle a pour fonction de projeter une image rassurante de la ville, image qui dissimulerait, et dans le même temps trahirait, les tensions qui traversent la société merina. Pour cela, l’article examine tout d’abord les pratiques et les discours des citadins qui permettent d’accréditer ce mythe du village urbain, avant de remettre en cause ces éléments, pour montrer que cette vision très rassurante ne correspond que très imparfaitement à la réalité.

« Gentrifieurs, gentrifiés » : cohabiter dans le quartier de la Mission (San Francisco)

Depuis les années 1980 et 1990, le quartier populaire hispanique de la Mission, à San Francisco (Californie), a été l’objet d’un processus de gentrification assez visible, devenant ainsi l’épicentre d’un vif débat sur les enjeux de ce phénomène pour les citadins aux États-Unis. À partir de cet exemple, cet article s’intéresse à l’impact d’une telle transformation sur les rapports au quartier de l’ensemble des habitants de la Mission. Il analyse en particulier les modalités de cohabitation entre les anciens résidents (que j’appellerai les « gentrifiés ») et les nouveaux arrivants par lesquels la gentrification advient (que je désignerai comme « gentrifieurs »). L’on verra qu’un certain nombre de décalages entre les pratiques et les représentations des uns et des autres rendent la cohabitation difficile et pleine de contradictions.

Le « travail » de gentrification : les transformations sociologiques d’un quartier parisien populaire

Jusqu’à la fin des années 1990 le quartier de Sainte-Marthe (Paris, 10e ) abritait une population ouvrière et des ateliers d’artisanat. Depuis cette époque, ces activités ont disparu, et la population s’est transformée à travers à la fois une paupérisation et une gentrification.
Des artistes-plasticiens se sont installés dans les anciens locaux d’artisans, et des professions artistiques au sens large ont repris et transformé un habitat vétuste et très dégradé.
Cet article propose de montrer que le processus de gentrification ne correspond pas simplement au remplacement de catégories sociales populaires par des catégories de niveau socio-économique plus élevé. La gentrification se constitue aussi à travers le « travail social » effectué par les « gentrifieurs ». Ceux-ci en emménageant dans un habitat où l’environnement est difficile (trafic de drogues, ateliers clandestins, violence…) s’investissent matériellement et symboliquement. Mais ce faisant, ils construisent aussi l’espace du quartier en « ressources sociales » professionnellement mobilisables. Leur valorisation de la mixité sociale et de la sociabilité de quartier est cependant souvent mise à mal par une certaine pratique de l’« entre-soi ».

Transformations urbaines à Palermo Viejo, Buenos Aires : jeu d’acteurs sur fond de gentrification

Palermo Viejo est un quartier de Buenos Aires qui a connu des transformations majeures depuis le milieu des années 1970. La renommée du quartier a entraîné l’apparition de très nombreux commerces nouveaux, des transformations immobilières profondes surtout depuis la crise de 2001, et l’apparition de populations nouvelles permanentes ou non. Dans un contexte de plus en plus marqué par les formes de la mondialisation, différents groupes d’acteurs essayent de mettre en avant localement leur propre représentation du territoire, sans pouvoir empêcher ni les conflits récurrents ni la dérive lente de cet espace vers une gentrification créant des formes d’exclusion et de divertissement.