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S’intégrer pour se pérenniser : pratiques d’agriculteurs urbains dans trois villes du Sud

L’agriculture urbaine est un phénomène d’ampleur dans les villes du Sud. Guère prise en compte dans les politiques d'aménagement, elle parvient pourtant à se maintenir et à s’adapter aux contraintes urbaines. L’intégration ville-agriculture urbaine a souvent été étudiée sous l’angle politique, économique ou environnemental. Nous nous attachons ici à étudier cette intégration sous l’angle socio-spatial ; trois exemples permettent de mettre en évidence différentes figures d’intégration issues des pratiques des agriculteurs urbains : à Bobo-Dioulasso (Burkina Faso), les agriculteurs établissent des relations sociales permettant de s’assurer l’accès à des ressources productives, à Metro Manila (Philippines) c’est l’appropriation des pratiques par des réseaux d’acteurs à l’échelle locale qui est gage d’une pérennité, et à Saint-Louis (Sénégal), c’est à travers des formes d'organisation initiées par les agriculteurs que ceux-ci arrivent à faire valoir leurs intérêts auprès des autorités urbaines.

« Gentrifieurs, gentrifiés » : cohabiter dans le quartier de la Mission (San Francisco)

Depuis les années 1980 et 1990, le quartier populaire hispanique de la Mission, à San Francisco (Californie), a été l’objet d’un processus de gentrification assez visible, devenant ainsi l’épicentre d’un vif débat sur les enjeux de ce phénomène pour les citadins aux États-Unis. À partir de cet exemple, cet article s’intéresse à l’impact d’une telle transformation sur les rapports au quartier de l’ensemble des habitants de la Mission. Il analyse en particulier les modalités de cohabitation entre les anciens résidents (que j’appellerai les « gentrifiés ») et les nouveaux arrivants par lesquels la gentrification advient (que je désignerai comme « gentrifieurs »). L’on verra qu’un certain nombre de décalages entre les pratiques et les représentations des uns et des autres rendent la cohabitation difficile et pleine de contradictions.

Développement durable : discours consensuel et pratiques discordantes. Montpellier et Nîmes

Cet article propose d’interroger, à travers l’exemple des agglomérations de Montpellier et de Nîmes en Languedoc-Roussillon, les adaptations et les décalages existant entre les discours, parfois injonctifs, prônant l’application des principes souvent peu explicités du développement durable dans le champ urbain, et les pratiques des acteurs des collectivités territoriales à différentes échelles, au cours des années 1990- 2000. Il met en évidence l’écart entre les consensus sur les objectifs – désormais inscrits dans les documents de planification et d’aménagement, particulièrement en matière de maîtrise de l’étalement urbain dans une région soumise à une forte pression foncière due à l’attractivité – et les freins à la mise en oeuvre, à partir d’entretiens et d’observations de terrain.