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Quand des sans-logis habitent ensemble : modes de résidence et formes de lien social

La pauvreté limite considérablement le choix d’une solution au problème du manque de logement, mais cela ne signifie pas que les sans-abri aient perdu toute capacité à réinvestir des lieux, même si les formes paraissent hors normes. L’observation de divers modes de résidence de sans-logis en collectifs permet de mettre en évidence une palette d’alternatives possibles produisant diverses formes d’insertion. Des squats « sans gouvernance », des formules d’habiter qui s’appuient sur des collectifs de « pairs », d’autres qui incluent des médiateurs non professionnels, enfin des formules d’habiter portées par des professionnels en appellent à un « sentiment du collectif » comme condition de possibilité d’un accompagnement qui ne rompe pas pour autant avec l’exigence d’une forte autonomie individuelle.

Faut-il vraiment démolir les grands ensembles ?

En réponse aux problèmes que poseraient des grands ensembles, les pouvoirs publics en ont programmé la démolition. Cette décision s’appuie sur des arguments techniques et sociaux, justifications qui cachent en réalité une volonté de dispersion des populations concernées. Cette démolition-dispersion est l’aboutissement d’un raisonnement s’appuyant sur un postulat suivant lequel le lieu ferait la personne et qu’une action sur l’espace permettrait de résoudre des problèmes sociaux. Cette manière de résoudre la question du logement des catégories défavorisées et la conception universaliste du politique dans lequel cette question s’inscrit méritent d’être examinées, d’autant que cette mesure entraîne la disparition de logements pouvant accueillir la frange la plus démunie de la population.

L’expression « lien social » : un syntagme omniprésent, révélateur d’une évolution paradigmatique

L’expression « lien social » est aujourd’hui très fréquemment utilisée en la référant à l’échelle du local, et cela par de multiples locuteurs, relevant aussi bien du monde de l’action publique que de celui de la recherche scientifique. La profusion de ce type de discours témoigne à la fois d’une évolution de nature épistémologique, se caractérisant par le développement d’un paradigme relationnel et subjectiviste, et d’une modification du cadre de pensée pouvant conférer un minimum de crédibilité à la parole publique. Ainsi s’impose un ensemble de valeurs et de représentations, qui s’exprime en un lexique composé de termes associés dans des chaînes argumentatives, dont la prégnance actuelle semble découler autant de sa capacité à dire les malaises sociaux contemporains qu’à construire une rhétorique de la compréhension, voire de la compassion.

Archives et construction de l’objet. Un parcours de recherche sur les politiques de l’habitation populaire

Le propos de cette réflexion est méthodologique : il envisage le rapport entre construction de l’objet et archives, à partir de l’expérience de recherche de sociologie historique de l’auteur, dont les travaux portent sur la politique de l’habitation populaire. Le texte souligne la proximité des problèmes que rencontrent l’enquête sociologique et l’investigation historique portant sur l’époque contemporaine. Il s’arrête sur l’usage des archives en relation avec les questions de la recherche, après avoir souligné l’analogie des démarches du sociologue et de l’historien confrontés à un document de même nature, puis traité du choix des sources.