Archives du mot-clef planification



Faire converger projet métropolitain et stratégies universitaires : l’autre grand chantier de Montpellier ?

Le développement de Montpellier dans les années 1960 s’est notamment appuyé sur la création de deux vastes campus « à l’américaine » au nord du territoire communal. Dans une approche planificatrice et descendante, l’État a imposé aux pouvoirs locaux (qui ont finalement pris fait et cause pour le projet) l’implantation de grands ensembles universitaires dans la périphérie montpelliéraine, à l’écart des services urbains et des facultés historiques restées au centre. Les opportunités foncières offertes à l’époque dans ce secteur ont conforté le choix des pouvoirs publics. Le quartier « Hôpitaux-Facultés » s’est révélé être un des moteurs de l’extension urbaine et l’une des portes d’entrée d’une ville, alors davantage tournée en direction des garrigues que vers la mer. De la construction du Centre Richter sur les rives du Lez à la requalification des anciens hospices en centre ville, les stratégies universitaires se sont depuis diversifiées, tout en faisant écho à l’évolution du projet montpelliérain – dont le quartier d’Antigone, le parc urbain du Lez puis l’avenue Dugrand ont tour à tour constitué les fronts. Ce faisant, « l’Opération Campus » débutée en 2009 paraît désormais déconnectée des priorités de la municipalité, alors qu’elle recouvre de multiples enjeux en matière de logements, d’environnement et de transport à l’échelle métropolitaine.

Entre art et science, l’histoire à l’Institut d’urbanisme de l’Université de Paris (1919-1971)

L’histoire est traditionnellement présente dans l’enseignement de l’urbanisme qui se construit en France au long du XXe siècle, ainsi qu’en témoigne la pédagogie de l’Institut d’urbanisme de l’Université de Paris (1919-1971). Elle y est successivement portée par les figures de Marcel Poëte et de Pierre Lavedan. Elle tend toutefois à s’isoler de l’urbanisme lorsque la technicisation de celui-ci se renforce. L’histoire voit ainsi son statut passer de préalable à la planification à celui de discipline de recherche de plus en plus autonome. La difficulté des historiens de l’IUUP à positionner leurs travaux apparaît révélatrice des relations complexes entre histoire, planification et recherche qui marquent la discipline urbanisme au long du siècle.

Friches en ville : du temps de veille aux politiques de l’espace

La réappropriation des friches urbaines, durant leur temps de veille, par des acteurs informels, constitue un paradoxe prégnant pour les institutions en charge de la planification et des politiques urbaines. D’un côté, ce réinvestissement contribue à reterritorialiser et à revaloriser ces espaces délaissés. De l’autre, la superposition progressive des différentes stratégies de reconversion bouscule l’agenda de la planification. L’analyse des friches urbaines nous permet de mieux appréhender les processus de mutabilité de la ville contemporaine et d’analyser les coalitions d’acteurs qui en résultent. C’est en retraçant l’histoire récente de l’ancien faubourg ouvrier grenoblois, Berriat, que nous illustrerons notre propos.

Expérimentations cartographiques et devenirs paysagers : la planification éolienne de la Narbonnaise (Aude)

Cet article décrit un cas de planification innovante entrepris par le PNR de la Narbonnaise (Aude) pour composer des paysages éoliens. À l’instar de la « carte » de Deleuze et Guattari, nous approchons cette planification comme un processus ouvert, connecté sur la multiplicité sociale, spatiale et paysagère. L’analyse montre comment un dispositif iconographique diffracté (cartes, blocs diagrammes,…), renvoyant aux grandes et aux petites échelles, parvient à spatialiser des potentiels éoliens sans les indexer de façon normative au territoire, engageant ainsi l’exploration de nouveaux devenirs paysagers. Cette étude centrée sur les codes cartographiques et leurs usages met à jour une pratique abductive de la planification dont elle dégage les modalités formelles.

Contraintes environnementales et opportunités paysagères : Nancy « rives de Meurthe »

Les rives de Meurthe, à Nancy, interrogent la relation paysage-environnement dans les pratiques d’aménagement. Les enjeux environnementaux, économiques et sociaux des collectivités territoriales s’expriment par la réappropriation d’un milieu de vie qui convoque le paysage. Les contraintes d’inondations deviennent une opportunité pour relier la ville à la rivière et les aménagements hydrauliques font émerger un paysage, en installant des continuités et de nouveaux usages. Projet hydraulique, projet politique, projet de paysage convergent pour initier un changement de regard sur la Meurthe et ses dangers qui permet la réappropriation des berges et des quartiers riverains. Ce chemin ouvert vers la rivière, combinant les savoir-faire de l’environnement et du paysage, donne une réalité à la trame verte et bleue de l’agglomération. Il ouvre aussi une voie pour redéfinir les pratiques d’aménagement.