Archives du mot-clef participation



Propriété privée, propriété de soi et sens du collectif. La « coopérative d’habitat Le Grand portail » à Nanterre (France)

En mai 2009, la municipalité de Nanterre et l’établissement public d’aménagement Seine Arche ont lancé un projet expérimental participatif d’accession sociale qualifié de « coopérative ». Cette opération complexe interroge : comment une opération d’accession à la propriété privée peut-elle susciter une dynamique collective ? Chercheurs et politiques craignent souvent que les opérations d’accession enferment leurs habitants dans un projet de vie individualiste. L’étude révèle l’émergence conjointe de deux dynamiques : la constitution d’un sentiment inédit d’appropriation de soi des habitants (Castel, 2001) et la construction progressive d’un collectif. La dynamique collective est le prolongement et la garantie du projet individuel d’accès à la propriété privée. Elle est corrélée au processus de concertation qui joue un rôle performatif dans la constitution d’une conscience de soi et du groupe.

« On les aide à partir ». Le relogement comme révélateur des contradictions du développement social dans le cadre de la rénovation urbaine

Cet article étudie une opération de rénovation urbaine donnant lieu à la démolition d’une tour d’habitation et au relogement des populations dans le cadre d’une opération de rénovation urbaine menée dans le 17e arrondissement de Paris. il s’intéresse plus particulièrement aux acteurs institutionnels en charge de promouvoir ce projet de transformation du quartier, plutôt qu’aux habitants directement. Comment leur action fondée sur le développement des ressources et des capacités locales s’exerce-t-elle ? Comment les différents acteurs institutionnels correspondant à différentes scènes d’action développent-ils l’articulation entre communication sur le projet et travail de proximité ? Comment tentent-ils de couper les fils qui constituaient l’attachement des habitants à leur lieu de vie ? Quelles sont leurs méthodes et les difficultés auxquelles ils se heurtent ? Que nous apprennent leurs difficultés sur le rapport des classes populaires aux nouvelles méthodes managériales et à la transformation de leur lieu de vie ?

Le développement urbain durable : ” best practice ” ou leurre méthodologique ?

Cet article questionne les présupposés, la consistance des intentions de départ et l’impact qu’une « best practice » peut ambitionner d’avoir et explore ensuite quelques effets de sa mise en oeuvre, en prenant comme exemple la « participation » dans les projets de développement durable. À partir de l’expérience marocaine des agendas 21 locaux (1996-2006), il s’agit de voir comment entend opérer cette diffusion de « bonnes pratiques », en particulier sur la prise en compte du social et de la participation des concernés au processus de décision dans ces projets. Dispositifs et procédures sont examinés du point de vue de leurs objectifs et de la méthodologie préconisée, puis observés dans la réalité de leur mise en oeuvre. Il en ressort des constats de rigidité et naïveté méthodologiques, et d’une démarche finalement peu soucieuse, au fond, des réalités socio-politiques locales.

Restructurer l’habitat précaire. Récit de ” meilleures pratiques ”

En matière d’intervention sur les quartiers précaires, les « best practices » sont décrits comme des projets combinant innovation sociale et gestionnaire. Après avoir décrit les partenariats relatifs au slum redevelopement à Mumbaï (Inde), qui associent organisations communautaires, habitants et promoteurs pour offrir des logements en dur aux habitants des bidonvilles, l’évaluation porte sur les modalités et les qualités du relogement perçues par les ménages et sur la place des habitants dans la prise de décision. On s’attache ensuite à confronter les intentions et les justifications de projets de réhabilitation de quartiers précaires squattés à Ismailiya (Égypte) et à leurs effets sociaux. Les critères de sélection des habitants impliqués dans la participation font l’objet d’une évaluation critique. De même, cet article explore la relation entre régularisation et réhabilitation, en montrant que l’empilement de systèmes normatifs a des conséquences inattendues chez les bénéficiaires supposés.

Pêches populaires et gestion des espaces maritimes

Les activités de ramassage ou de prélèvement sur l’espace littoral et maritime sont des usages populaires méconnus et socialement peu valorisés en dehors des groupes concernés. Aujourd’hui, ces espaces sont investis par différentes catégories sociales. Que deviennent alors ces usages populaires de l’espace ? Cet article analyse la manière dont un usage populaire s’ancre puis peut être visité par d’autres catégories sociales. Il révèle leur diffusion, réappropriation, transformation et légitimation par des catégories supérieures.
Par ailleurs, ces prélèvements effectués dans des zones fragiles posent la question de la gestion de la ressource et de la réglementation de ces usages. Dans le cadre spécifique de la gestion concertée de ces espaces « naturels », des alliances apparaissent entre les pêcheurs, d’origines désormais variées. Les différences entre catégories sociales semblent être lissées, mais n’assiste-t-on pas plutôt à la confiscation des espaces, de concertation, par les catégories supérieures ?

Les processus participatifs transforment-ils les représentations des élus ruraux sur leur rôle et leur territoire ?

L’article s’intéresse aux conséquences de la mise en échec des modalités traditionnelles de prise de décision, de l’évolution du rôle des élus, de la façon dont ils appréhendent leur territoire. Nous identifions dans un premier temps une tension entre la représentation que les élus se font de leur rôle et les aspirations au dialogue autour de projets de territoire. Nous voyons ensuite comment les promoteurs de mouvements de contestation pèsent sur le processus décisionnel et forcent les élus à négocier. Nous interrogeons enfin les conséquences des formes de dialogue engagées, en tant que vecteur potentiel d’apprentissage pour les élus, grâce au temps de réflexion associé au dialogue enclenché.