Archives du mot-clef mobilité



Motivations résidentielles et pratiques de mobilité des classes moyennes supérieures dans les villes suisses

Cet article analyse le regain d’attractivité des villes pour les catégories socio-professionnelles supérieures dans le cas de trois centres urbains suisses. Les choix résidentiels étudiés sont étroitement liés à la recherche d’un capital spatial spécifique de la part de ménages qui placent les questions de proximité et de mobilité au cœur de leur décision de vivre en ville, qui adoptent un comportement multimodal, et qui apparaissent attachés à la proximité tout en étant potentiellement hypermobiles (à l’instar de certains pendulaires interurbains). Cette dotation en capital spatial s’explique par des stratégies d’adaptation (afin de concilier les différentes facettes de la vie quotidienne) et par certaines valeurs (notamment environnementales). Le choix résidentiel apparaît dans l’ensemble comme un choix stratégique, la localisation centrale et le potentiel de mobilité qui lui est associé devant permettre aux ménages de rendre compatible contraintes spatio-temporelles et modes de vie.

Les politiques de la route en Belgique et leurs acteurs

Après une introduction présentant les spécificités du contexte politique et géographique de la Belgique, l’auteur présente quelques caractéristiques de la mobilité des personnes et du transport routier dans ce pays.
Il indique ensuite comment des acteurs issus de la société civile et certains médias ont obtenu une prise en considération effective du constat d’insécurité routière, transcendant la diversité des intérêts et des compétences, pour aboutir à un événement de référence : la tenue des états généraux de la sécurité routière.
Les conséquences de cette évolution sur la politique de sécurité routière sont ensuite esquissées.

Pratiques de mobilité et aménagement urbain : les déplacements domicile-travail des actifs habitant à Marne-la-Vallée

Cet article étudie la question des mobilités à Marne-la-Vallée en proposant d’observer la manière dont cette question est abordée au sein du Schéma directeur de 1965, en s’attachant tout particulièrement à l’organisation des mobilités liées au travail, et en effectuant une évaluation de ces objectifs sur la base des données fournies par le recensement général de la population de 1999. Les résultats montrent que, conformément aux orientations du Schéma directeur, Marne-la-Vallée ne fonctionne pas sur le mode autarcique. Les mobilités domicile-travail des actifs habitant cette ville nouvelle s’effectuent à l’échelle de Marne-la-Vallée, et encore plus de l’Est parisien. Ces mobilités ne se caractérisent pas par un usage exclusif de l’automobile : les actifs utilisent majoritairement les transports en commun en direction de Paris, et l’accès aux centres urbains de la ville nouvelle ne témoigne pas d’un usage intensif de l’automobile.

Territoires commerciaux des vendeurs ambulants à Istanbul

Comment le marchand ambulant parvient-il à faire sa place dans l’espace urbain stambouliote ? Le temps de l’itinérance succède au temps du stationnement au gré des heures du jour, de l’affluence des lieux ou de lasaison… De notre point de vue, déplacements et haltes sont des clés de compréhension de stratégies territoriales. Cette contribution montre, sur la based’une enquête qualitative de terrain à Istanbul, que des logiques spatio-temporelles régissent la fréquentation des lieux urbains par les vendeurs ambulants. Dans quelle mesure sont-elles explicatives de la teneur des liens sociaux ? Nous construisons une typologie des marchands dans le but de décrire la prégnance d’une relation complexe entre niveau de mobilité spatiale et niveau de légitimité sociale : on peut tirer parti du déplacement pour accroître une légitimité sociale et de l’arrêt pour l’asseoir ; on peut tirer partide l’arrêt pour accroître l’anonymat et du déplacement pour fuir la répression.

Cadres, techniciens et ouvriers : mobilités professionnelles et privilège spatial

Au cours des restructurations routinières des groupes multinationaux, les salariés ne vivent pas leurs transitions professionnelles de la même manière selon leur position hiérarchique. Parmi les trajectoires de salariés licenciés à la fermeture d’un centre de recherche pharmaceutique en Rhône-Alpes, se distinguent trois expériences de mobilité : la mobilité d’évolution pour les cadres, la reconversion pour les techniciens, le chômage pour les techniciens-ouvriers. Mais l’huis clos de l’entreprise ne suffit pas à expliquer comment s’opère ce « tri sélectif ». Pour comprendre pourquoi seuls les cadres acceptent la proposition de reclassement en région parisienne, il faut étudier aussi la reproduction des pratiques de mobilité et l’organisation spatiale de la vie familiale. Pour un agent de laboratoire, garder le travail ne saurait compenser le sacrifice de l’espace de vie, élaboré au fil des années pour compenser les insatisfactions au travail – partir, « c’est bon pour les cadres ».

Consommer dans le métro, une question d’engagement dans le temps et l’espace

L’article traite de la consommation ambulante dans les pôles d’échanges. À partir d’une enquête qualitative dans quatre sites franciliens portant sur la manière qu’ont les usagers de s’engager dans un pôle d’échanges, il propose une lecture de la consommation ambulante. Au fil des résultats, il apparaît que la consommation dans les espaces de mobilité dépend à la fois des « capabilités » du voyageur et des attri-buts des lieux. La rencontre de ces deux types d’attributs bute cependant sur deux obstacles à la consommation. D’une part, les lieux d’échanges ne peuvent être compris que par le biais de processus cognitifs faisant appel à l’abstraction : pour se déplacer, le voyageur sort mentalement du lieu et se déplace dans le plan de réseau dont les symboles signalétiques sont les seuls référents situés. D’autre part, les lieux sont aménagés de façon que la fonctionnalité prime sur l’aisance.

Firmes multinationales, commerce ambulant et mobilité à Mexico

Exploitant les espaces de l’entre-deux causés par la métropolisation, les firmes multinationales ont développé à Mexico le commerce ambulant comme nouveau canal de distribution. À partir des études de cas des entreprises Telcel et Quala, dont les vendeurs ambulants sont omniprésents dans la capitale mexicaine, cet article propose d’étudier à la fois les logiques de fonctionnement et d’organisation des multinationales et de leurs vendeurs et les pratiques de consommation des citadins. Il démontre que ce mode de vente, rentable et hyperflexible, est adapté aux évolutions des mobilités quotidiennes au sein de la métropole, où le consommateur est lui aussi ambulant.

Progressive Grocer, ou la « petite distribution » en mouvement (États-Unis, 1929-1959)

Face à l’essor de la distribution de masse et face à la mobilité croissante des clientèles, les petits commerces sont-ils restés immobiles ? Non, au moins dans le cas du petit commerce alimentaire américain. À partir de l’analyse de la revue professionnelle Progressive Grocer sur la période 1929-1959, l’article montre comment les spécialistes d’une « épicerie progressiste » ont tenté de reconfigurer un grand nombre d’équipements commerciaux pour faire bouger autrement et davantage produits et consommateurs. On découvre que ce réaménagement des mobilités commerciales a reposé sur quatre types d’innovations étroitement articulées : une redistribution des éléments à l’intérieur du bâti, une libération contrôlée des regards puis des parcours, l’invention de mobiliers flexibles, la mise en place de dispositifs de fluidification de la clientèle.

« Comment nous sommes devenus HLM ». Les opérations de mixité sociale à Paris dans les années 2000

Cet article entend travailler la thématique de la mixité sociale à partir d’une perspective dynamique, qui envisage les situations de mixité à travers la coprésence non de positions mais de trajectoires socio résidentielles différenciées, interagissant au sein d’un cadre global lui-même en évolution. À partir d’une enquête sur les actions menées depuis 2002 par la Ville de Paris en vue d’agir sur la mixité sociale résidentielle, il met en évidence la pertinence de la distinction entre mobilités actives et passives afin de comprendre les discours et pratiques des habitants concernés. Il éclaire la multiplicité des points de vue, de l’ascension sociale au déclassement, et souligne comment la contrainte vécue conduit à l’exacerbation des rapports sociaux et des logiques de distinction autour de la question raciale. Dans cette perspective, la figure du ghetto devient prégnante et souligne combien l’objectif de cohésion par la mixité est loin d’être atteint.

La mixité dans la rénovation urbaine : dispersion ou re-concentration ?

La mixité est un objectif central des programmes de rénovation urbaine lancés en France et en Europe dans les années 2000, la diversification de l’habitat en étant l’instrument. L’article, après avoir présenté les enjeux de la mixité dans la rénovation, associée à l’idée de parcours résidentiel, met en évidence les effets paradoxaux de la démolition et des relogements dans une dizaine d’opérations franciliennes. D’une part, à l’inverse des effets de la rénovation des années 1960, la tendance est plutôt à la re-concentration des familles les plus pauvres dans la ZUS qu’à la dispersion, et au départ de petits ménages plus « aisés » vers des secteurs plus valorisés, dans et hors de la ZUS. D’autre part, les recompositions sociales et urbaines, perceptibles à travers ces mobilités et le vécu des habitants, vont plutôt dans le sens d’une fragmentation des « grands ensembles » et/ou de la commune en petites unités résidentielles, homogènes, mais différenciées entre elles. Elles posent la question des échelles de la mixité, tout en reposant celles de la cohabitation et des inégalités dans le choix de ces proximités spatiales et sociales.