Archives du mot-clef mobilité résidentielle



Ancrage et proximités familiales dans les villes nouvelles franciliennes : une approche comparative

Les villes nouvelles franciliennes avaient pour projet de constituer de véritables bassins de vie au sein de la grande couronne. Trente-cinq ans après leur lancement, il apparaît que les Franciliens se sont ancrés dans les villes nouvelles d’une manière spécifique. Cette spécificité relève principalement de la centralité qui fonde ces espaces urbains et du caractère massif de leur peuplement. Si la venue en ville nouvelle a signifié avant tout l’accès à la propriété, les femmes ont pu y trouver un lieu de recours pour se loger au moment d’une séparation conjugale. Il est en outre significatif que les personnes venant vivre dans une ville nouvelle s’y sont plus souvent fixées que ne l’ont fait les autres habitants de la grande couronne, ce indépendamment de leur statut social ou de la nature de leur logement. Peut-être cet ancrage est-il dû à une plus grande proximité de leurs enfants, mise ici en évidence, après leur décohabitation ?

Les espaces familiaux à l’épreuve de la délocalisation de l’emploi : ancrages et mobilités de salariés de l’industrie

L’objet de l’article est d’étudier le rôle des espaces familiaux dans les arbitrages résidentiels et professionnels de salariés faisant face à une restructuration de leur entreprise. L’analyse se fonde sur une enquête qualitative auprès de salariés en majorité ouvriers confrontés à la fermeture de leur usine et à sa délocalisation à deux cents kilomètres de leur domicile. À côté de facteurs économiques et professionnels, les formes d’inscription spatiale et le type de liens familiaux ont des incidences sur les ressources mobilisables et sur le rapport au territoire et au logement des salariés. Sont analysés les liens entre affiliation au territoire familial et refus de la mutation ; les relations entre aménagements de la proximité familiale et mutation ; et, enfin, le rapport entre dispersion familiale et « migration de carrière ». L’échelle de ces territoires familiaux permet d’expliquer des décisions qui semblent, à première vue, économiquement peu rationnelles.

Une gentrification émergente et diversifiée : le cas des villes suisses

Apparu dans les années 1960, le terme de gentrification désigne au sens strict la réhabilitation physique de certains quartiers urbains et le remplacement de leur population par des catégories plus aisées. Ces dernières années, cette définition a été élargie à d’autres processus d’élitisation et intègre désormais une pluralité de formes, d’acteurs et d’espaces. Cette extension est discutée sur la base des spécificités de l’urbanisation en Suisse, des différents acteurs impliqués et de l’émergence de nouveaux quartiers. Du point de vue résidentiel, les catégories moyennes supérieures quittent de moins en moins les villes helvétiques. Cette amorce de gentrification pourrait se renforcer sous l’effet de facteurs tels que la politique fédérale revalorisant le rôle des villes-centres, les stratégies de ces dernières visant à attirer des contribuables aisés, le regain d’activité du marché immobilier et l’existence d’une demande latente pour une localisation résidentielle en zone centrale.

Effets paradoxaux de la loi SRU et profil des acquéreurs de biens immobiliers en Île-de-France

Dans le contexte français, la notion de « mixité sociale » s’est imposée comme la réponse aux dynamiques de fragmentation urbaine et d’accentuation des inégalités territoriales. La loi SRU de décembre 2000 en constitue le point d’orgue. Elle fixe des objectifs à atteindre en termes de logements sociaux, à l’échelle de la commune. Sur la période 2001-2005, les choix des acquéreurs de biens immobiliers ont évolué. Avec des héritages complexes résultant des politiques des années 1950/1960, les situations sont contrastées. La position des communes concentrant de forts taux de logements sociaux a-t-elle évolué, sur le plan des niveaux de prix comme sur celui des profils sociaux des acquéreurs ? L’étude se limite à la région Île-de-France, où les contrastes et les enjeux sont les plus forts.

Stratégies résidentielles et position sociale : l’exemple des localisations périurbaines

L’analyse des rapports entre social et spatial s’élargit, depuis quelques années, aux zones périurbaines dont le développement n’est pas sans effet sur l’accentuation des polarisations au sein des métropoles puisque s’y installent, de manière privilégiée, les « classes moyennes ». Une analyse rapprochée des caractéristiques sociales de ces périurbains montre que, s’ils sont socialement diversifiés, leurs trajectoires professionnelle et sociale présentent certaines similitudes les rendant incertains de leur position sociale. Profitant d’une conjoncture biographique favorable, et mobilisant le modèle résidentiel de la maison individuelle, ils vont investir, de manière socialement différenciée, la sphère résidentielle pour améliorer leur position sociale. La progression dans la trajectoire résidentielle s’avère d’autant plus nécessaire que l’identité sociale d’origine professionnelle est insatisfaisante.