Archives du mot-clef migration



Les copropriétés dégradées de l’après-guerre à Marseille : un nouvel habitat social de fait

Cet article se propose de saisir une fraction de ce « populaire contemporain » (Collovald et Schwartz, 2006) à partir d’un type d’habitat spécifique, la copropriété dégradée en grand ensemble. Ce type d’habitat concentre une catégorie de population relativement homogène qui partage à la fois des caractéristiques socio-économiques et une expérience vécue similaire. L’analyse des parcours résidentiels des locataires de trois copropriétés dégradées marseillaises datant des années 1950-1960 permet de montrer comment « habiter » ce type d’habitat représente une rare opportunité d’accéder au logement pour certaines fractions des classes populaires, mais entraîne de fortes contraintes contribuant à accentuer leur précarité. Il s’agit ainsi de montrer que même des copropriétés construites après la Seconde Guerre mondiale peuvent devenir un nouvel habitat social de fait.

Les migrants à Hanoï : construction politique d’un groupe social dominé

Cet article analyse la façon dont la politique d’enregistrement résidentiel au Vietnam attribue l’étiquette de « migrants » à une « population flottante » aux pratiques migratoires variées, circulant entre Hanoï et son hinterland. Elle s’accompagne d’une différenciation des droits sociaux qui assigne ces « migrants » à un statut social infériorisé ; elle entérine les rapports sociaux de domination entre « résidents » et « migrants » et construit une minorité dominée.

Autonomie dans la migration et dimension mémorielle des lieux

Dans la relation de l’individu à son environnement, des formes d’attention mettent l’accent sur la « reconnaissance » d’éléments familiers dans des endroits qui ne le sont pas. L’attention portée aux lieux et aux indices de proximité mis en évidence par les migrants invite à considérer autrement les ressorts de la migration, en tenant compte de leur autonomie dans la décision de migrer. Cet intérêt accordé au familier, parce qu’il met en tension le dépaysement et le « re-paysement », révèle la prégnance de cette migration qualifiée de volontaire dans le processus de subjectivation des migrants et souligne également l’importance des qualités d’hospitalité des villes d’inscription.