Archives du mot-clef Maroc



Sociabilités et interdépendances au Souk de Derb Cuba à Casablanca, Maroc. Portrait de deux groupes de buveurs

Victimes des politiques répressives de la ville, certains habitants n’ont d’autre choix que de s’approprier les espaces publics du souq de Derb Cuba à Casablanca au Maroc, privatisés par une morphologie d’enclos, des pratiques illégales liées à la boisson, et une situation spatiale d’habitat illégal. L’étude de ces espaces révèle une réalité sociale inattendue liée aux habitudes de consommation de deux groupes de buveurs d’eau-de-vie (mahia) et d’alcool à brûler, dans la mesure où ces derniers bénéficient d’aides matérielles de la part des habitants du quartier. Une forte dépendance les lie donc à leurs lieux de vie. De plus, des représentations sévères, mais courantes au Maroc, à l’égard des buveurs d’alcool à brûler dictent aux buveurs de mahia un impératif de partition des espaces suivant les codes de conduite propres à chaque groupe, ce qui met à mal l’aspiration au calme des habitants du souq cherchant à établir un nouvel ordre.

Oujda ou l’arrière-pays de l’économie transméditerranéenne

Cet article étudie le rôle que la ville d’Oujda (Maroc) joue dans le dispositif commercial transméditerranéen. Fondé sur une description empirique, il documente la circulation transmaghrébine de marchandises, il rend compte de l’organisation des mondes marchands, analyse également les réseaux complexes de l’économie informelle. Le cas d’Oujda révèle alors l’importance des villes du sud de la Méditerranée dans la mondialisation des échanges.

Le développement urbain durable : ” best practice ” ou leurre méthodologique ?

Cet article questionne les présupposés, la consistance des intentions de départ et l’impact qu’une « best practice » peut ambitionner d’avoir et explore ensuite quelques effets de sa mise en oeuvre, en prenant comme exemple la « participation » dans les projets de développement durable. À partir de l’expérience marocaine des agendas 21 locaux (1996-2006), il s’agit de voir comment entend opérer cette diffusion de « bonnes pratiques », en particulier sur la prise en compte du social et de la participation des concernés au processus de décision dans ces projets. Dispositifs et procédures sont examinés du point de vue de leurs objectifs et de la méthodologie préconisée, puis observés dans la réalité de leur mise en oeuvre. Il en ressort des constats de rigidité et naïveté méthodologiques, et d’une démarche finalement peu soucieuse, au fond, des réalités socio-politiques locales.