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Les tiers dans le choix du logement : comment les agents immobiliers contribuent à l’élaboration des projets résidentiels

Cet article montre comment les agents immobiliers contribuent à l’élaboration des choix résidentiels tout en ouvrant une réflexion plus large sur le rôle des tiers dans la recherche de logement. Bien qu’ils aient plutôt été abordés sous l’angle de leur rôle dans la ségrégation spatiale, nous abordons ici les tiers dans une autre perspective en voyant comment ils participent à l’élaboration de la demande de logement. Sur la base d’une observation ethnographique menée à Lyon nous mettons ainsi en évidence la façon dont les intermédiaires construisent le cadre de représentation qui préside à la construction d’un projet résidentiel.

La conception de l’habiter à l’épreuve de la recomposition familiale

Lorsque deux conjoints se séparent, se pose le problème du partage des meubles et appareils électroménagers. Nos représentations courantes ne nous prédisposent cependant pas à voir que la recomposition familiale s’amorce elle aussi par une sorte de partage. La problématique du « même », ou si l’on préfère du « double » (deux gazinières, deux canapés…), impose d’emblée aux conjoints de devoir faire des choix. Confrontés lors de leur installation à ce délicat problème qui contraint stricto sensu non à partager (Qui garde quoi ?), mais plus douloureux peut-être, à sélectionner (Que garde-t-on ?), comment les conjoints procèdent-ils ?
Dans cet article, l’auteur revient sur ce « moment décisif », point aveugle du processus de recomposition familiale qui engage l’avenir, tant en ce qui concerne la conception de l’habiter que l’intégration conjugale et familiale.

La famille et l’architecte : les coups de dés des concepteurs

Comment les architectes se représentent-ils les manières d’habiter des familles ? Et comment les familles reçoivent-elles, utilisent-elles, détournent-elles les dispositifs mis en espace par les architectes ? Les intentions des architectes sont autant mues par une créativité hasardeuse que par les savoirs sur les usages. Les origines utopistes, révolutionnaires ou réformistes de la mission « civilisatrice » de l’habitation ont été de fortes références jusqu’à ce que l’évolution de la morphologie familiale motive l’aménagement de la polyvalence des espaces, de l’autonomie des enfants ou de l’égalité homme/femme. Seule l’évaluation de cette offre architecturale permet de valider ou de condamner des dispositifs qui n’ont de sens que les uns en relation avec les autres et dans la situation singulière de chaque immeuble, ce qui redéfinit chaque fois la frontière entre le beau et l’utile.

Le permis de location en Belgique. Du risque d’effet pervers en germe dans une mesure à visée sociale

Subordonnant le maintien et la mise en location de certains types de biens (particulièrement sujets à la dégradation) à la satisfaction préalable d’exigences de qualité, le permis de location poursuit l’objectif méritoire d’améliorer les conditions de vie des habitants. Associée cependant à des standards de salubrité exagérément élevés, la mesure entraîne l’expulsion de nombreuses familles pauvres ; celle-ci peut faire suite à l’augmentation des loyers rendue nécessaire pour financer les opérations de remise en état ou, en l’absence de tels travaux, devenir inévitable si les autorités décident de prendre un arrêté d’inhabitabilité à titre de sanction. Par ailleurs, il ne pèse sur la puissance publique aucune obligation effective de relogement à l’égard des populations précarisées qu’elle force ainsi à quitter les lieux.

Le logement, facteur de sécurisation pour des classes moyennes fragilisées ?

Les classes moyennes font aujourd’hui l’objet d’une attention accrue, moins pour célébrer leur hégémonie que pour souligner les difficultés croissantes d’une partie d’entre elles. À l’issue d’une vaste enquête sur la population active en France, cet article montre les décalages existant entre l’appartenance aux classes moyennes sur la base du statut socioprofessionnel et les conditions matérielles de vie et de logement. En cause : la faible progression des revenus, l’augmentation des dépenses contraintes (au premier rang desquelles figure le logement) et surtout, le déclassement professionnel d’une partie des ménages des classes moyennes. Les fortes disparités internes à ce groupe accroissent la différenciation des trajectoires résidentielles. Trois type se dégagent nettement : les trajectoires ascendantes qui nourrissent une logique d’aspirations croissantes ; les trajectoires descendantes de ménages confrontés à une « logique de subsistance », au même titre que les fractions les plus modestes des couches populaires ; et, dans l’entre-deux, les trajectoires obéissant à une logique de sécurisation par le logement, tant sur le plan patrimonial, que social et statutaire.