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Fluctuations de jeunes chinois autour d’une destruction urbaine à Canton

Cet article analyse la formation et les développements d’un groupe de jeunes chinois mobilisés par la destruction d’un ancien quartier de Canton, capitale du sud de la Chine. Fondé sur une investigation anthropologique, il met en scène les ambiguïtés et les contradictions internes à cette initiative qui a des difficultés à formuler ses objectifs ; en effet la conservation du bâti est quasiment impensable compte tenu de sa dégradation avancée et les habitants sont réduits au rôle de marionnettes dans l’esprit des jeunes. L’auteure donne à voir la complexité d’une scène au sein de laquelle s’entremêlent la peur d’affronter l’État-parti et des espoirs flous d’ascension sociale prenant pour enjeux la mémoire et la culture. La réflexion porte sur le caractère emblématique de cette expérience urbaine qui témoigne d’une « société civile » embryonnaire, dont les destinées restent incertaines dans le contexte politique autoritaire régnant.

L’expérience de la rue chez les jeunes comme forme extrême d’urbanité

Nous étudions l’errance des jeunes de 18 à 29 ans sur le territoire de Lille Métropole Communauté Urbaine, par la comparaison avec un groupe témoin de jeunes de milieu populaire qui s’épargnent l’expérience de la rue. L’hypothèse veut vérifier l’intelligibilité de cette expérience à partir de la déconstruction de la dialectique espace privé/espace public qui oscille entre deux positions limites : réduit à sa fonction instrumentale d’hébergement l’espace privé perd sa réalité amenant les jeunes à affronter l’espace public sans médiation ; la perte de maîtrise dans l’espace public entraîne la sociabilité à se dissocier du lieu où elle se développe. La naissance d’un enfant place les parents à la rue devant le dilemme du retrait de l’enfant ou du départ de la rue. L’expérience de la dérive place les jeunes sous la menace d’un retrait momentané de l’espace public, hôpital ou prison : vivre à la rue implique la reconstruction toujours inaboutie de la dialectique espace privé/espace public donnant lieu à une forme extrême d’urbanité toujours en chantier. Ballotté entre ces deux extrêmes, le sans-logis s’impose l’expérience qu’il voudrait initiatique, d’une urbanité transitoire et précaire.

Une urbanité de confrontation. Regroupements de jeunes et gestionnaires de l’espace urbain

Les regroupements de jeunes sont à la fois divers et changeants, au gré de leur composition du moment, des espaces fréquentés et des contextes auxquels ils sont soumis. L’urbanité des situations est donc relative à ces différents facteurs. Cependant, les tensions qui traversent les rassemblements semblent mettre à nu une « hospitalité de confrontation », mêlant promiscuité socio-spatiale et souci de différenciation. D’une part, ils reposent sur une « gestion permanente du conflit potentiel », gage de leur survie. D’autre part, les sociabilités qui s’y déploient reposent sur une « familiarité a priori » qui atténue le devoir de catégorisation propre aux relations urbaines. Enfin, ils fonctionnent de manière centrifuge, mettant en mouvement les jeunes qui les côtoient. Ces qualités semblent faire du rassemblement un « espace public pratique », mettant à l’épreuve les rapports de dépendance ou d’autonomie des liens sociaux par rapport aux lieux.