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La dialectique dans la comparaison. Construction d’une enquête franco-italienne et échelles d’analyse

La présente contribution soutient l’importance d’une approche inductive et dialectique de la comparaison. Une approche inductive de la comparaison a l’avantage de nous faire plonger dans des situations concrètes au travers d’une recherche empirique localisée et de faire remonter les données de recherches effectuées vers les résultats empiriques d’autres auteurs et la mise en débat des théories. Une approche dialectique de la comparaison prévoit que la confrontation des différents terrains d’enquête mobilisés puisse représenter une opportunité d’interroger constamment les phénomènes observés dans l(es)’autre(s) terrain(s), tout particulièrement lorsqu’ils sont dissemblables et divergents. Cet argumentaire s’appuie sur l’analyse concrète de notre processus comparatif d’enquête : nous restituons le contexte de contraintes et d’opportunités nous ayant conduit, à partir d’une enquête sur les relations entre sites industriels à risques et territoires dans le Val de Durance, à prolonger la comparaison dans une dimension transnationale avec le site chimique de Rosignano en Toscane (Italie).

Les politiques transfrontalières France-Italie et les nouveaux enjeux territoriaux

La frontière a longtemps été le symbole d’une césure. Avec l’intégration européenne, une politique qui inverse le cap se met en place : elle fait de la frontière un lieu privilégié de l’intégration. La coopération transfrontalière entre la France et l’Italie illustre ces dynamiques, permettant d’observer le jeu et le nouveau positionnement des acteurs territoriaux. C’est un exemple de la croissance des politiques infranationales. En Italie, l’expression sistema paese (mot-à-mot : système-pays) explicite l’évolution de cette architecture institutionnelle qui s’adapte aux mutations des territoires à l’échelle internationale, les effets d’aubaine devenant des effets d’entrainement.

Représentations et pratiques de la nature dans un territoire transfrontalier : le cas « Marittime-Mercantour »

Les tensions entre les projets de protection de la nature, les populations locales et les pratiquants des activités de nature représentent une donnée constante. Cet article se penche sur la situation de deux parcs naturels frontaliers, situés en France et en italie, et les relations que ceux-ci entretiennent avec leurs territoires respectifs en tant qu’espaces protégés. Au moyen d’une investigation socio-historique, l’étude montre que le degré des tensions est étroitement lié au niveau d’implication des usagers de l’espace protégé au sein des actions menées par les parcs pour s’ancrer sur le territoire. Les différentes manières de se rapporter aux populations locales et aux pratiquants de ces deux territoires, qui caractérisent le Parc national du Mercantour et l’attenant Parco delle Alpi Marittime, semblent découler de visions de la nature – et de sa protection – qui s’avèrent profondément divergentes.

Les enjeux de la relation formation-emploi en Italie : la place du travail et des territoires

Le système de formation italien présente un défi pour le chercheur en raison de sa diversité et de sa complexité, qui le rendent difficilement comparable à ceux des autres nations européennes. Chaque région est en effet le théâtre où s’affrontent les intérêts des agents sociaux. Ces luttes intrarégionales s’accompagnent de concurrences inter-régionales, mais aussi d’une compétition avec l’État central qui tente de préserver une part non négligeable de ses prérogatives. L’hypothèse que nous faisons est que la configuration particulière du marché du travail italien contribue au foisonnement de dispositifs de formation. Le mouvement de différenciation régional de l’offre de politiques de l’emploi et de mesures de formation est en harmonie avec la tendance à la flexibilisation, voire à l’individualisation des régulations de l’ensemble du champ du travail et de l’emploi dans la péninsule italienne.