Archives du mot-clef intercommunalité



La construction par consensus d’une politique foncière en faveur de l’habitat en Pays Voironnais

Le foncier est indispensable à la production de logements. En raison de leur échelle et de leurs moyens, les intercommunalités sont pertinentes pour mettre en place une politique foncière. Mais les communes considèrent l’action foncière comme leur domaine réservé. Cet article montre comment la communauté d’agglomération du Pays Voironnais (Isère) a progressivement pris position dans le jeu foncier local, d’abord à travers des interventions indirectes, puis en s’engageant dans la définition d’une véritable politique intercommunale. Ce changement d’échelle dans l’élaboration des politiques locales modifie le partage des rôles et le contenu des politiques ellesmêmes.

Les scenarii contradictoires du retour en ville : le cas de l’université Paris XIII

Fondée en 1971 l’université Paris XIII est confrontée depuis ses débuts à une double problématique d’intégration urbaine et de stratégie territoriale. Les projets contemporains de repositionnement de l’université dans l’espace universitaire francilien et plus particulièrement au nord de Paris se heurtent aux difficultés structurelles d’insertion urbaine de Paris XIII en particulier sur le site principal du campus de Villetaneuse. Le recours à une analyse historique et spatiale croisée permet de mettre à jour les déterminismes qui pèsent sur les choix d’aménagement et les stratégies des différents acteurs aujourd’hui en charge du destin de l’université et des relations avec son environnement urbain. Le développement de l’intercommunalité de projet, l’opportunité de la présence d’un établissement public d’aménagement sur le territoire, les stratégies scientifiques et territoriales de la présidence de l’université accentuées depuis la loi LRU forment objectivement des conditions nouvelles pour repenser le « retour en ville » de l’université. Paris XIII ne peut pas, pour autant, faire table rase du passé de son échec urbain dont les failles rejouent sans cesse et placent la décision sous le signe de la schizophrénie.

La coopération urbaine transfrontalière ou l’Europe « par le bas » ?

Le texte s’intéresse à une forme particulière de coopération intercommunale mettant en jeu non seulement des collectivités françaises voisines, mais aussi des collectivités allemandes, autour de la zone frontalière Moselle-Sarre, dessinant les contours d’une gouvernance locale renouvelée dans un rapport singulier à la construction européenne. De la sorte, c’est la redistribution des chances de gagner du pouvoir à l’intérieur du territoire et la transformation des ressources dans la compétition politique que l’on
aborde. L’analyse s’ancre dans une sociologie politique et urbaine de la gouvernance, pour souligner tout l’intérêt qu’il y a à revenir sur les différents types d’acteurs en présence et leurs propriétés sociales, afin de comprendre comment la gestion d’une agglomération transfrontalière se met en oeuvre, suivant une articulation sophistiquée de combinaisons entre le modèle politico-administratif du gouvernement local et les modes de gouvernance locale, excluant un certain nombre de partenaires possibles et produisant des modifications de la définition de l’intérêt général, du transfrontalier, des relations avec les acteurs extérieurs et des rapports de pouvoir, modifications significatives de processus d’européanisation « horizontale ».

L’aménagement des chemins de randonnée : un instrument d’identification et de « gouvernance » territoriales

Le développement des pratiques sportives itinérantes dans les espaces « naturels » péri-urbains s’accompagne de politiques publiques d’aménagement. Celle menée depuis 1993 par une Communauté d’agglomération, analysée comme instrument de dynamique intercommunale, participe à l’énonciation d’un nouveau territoire politique et de l’action publique. La réhabilitation des chemins vicinaux, leur transformation en chemins de randonnée, leur « patrimonialisation », leur mise en ordre par un schéma directeur mais aussi leur mise en scène et en carte apparaissent comme autant de dispositifs qui permettent la régulation des tensions entre différents usages de cet espace péri-urbain, la fabrication d’une « identité » intercommunale et son identification comme territoire « pertinent » et légitime d’action publique locale.

Dans la « cuisine » de la mixité : retour sur des expérimentations nantaises

Fabriquer une diversité de produits de logements sur les opérations publiques d’aménagement est au coeur de la commande des élus nantais. La programmation est un levier pour établir une mixité d’occupation sociale (locataires, primo-accédants et autres propriétaires occupants). Les aménageurs, chargés par les collectivités des projets urbains, doivent intégrer des logements sociaux (liés aux droits à construire hérités par les bailleurs sociaux des démolitions faites dans les quartiers en rénovation urbaine), constituer une offre inédite de logements à prix encadrés (logements dits « abordables ») et expérimenter des opérations immobilières associant les logements « libres », « abordables » et sociaux. La mise en oeuvre de cette programmation complexe montre les réponses faites par les bailleurs sociaux et les promoteurs, l’évolution de leurs pratiques et cultures professionnelles, mais aussi la persistance de réflexes ségrégatifs et une volonté de différenciation argumentée des deux côtés.