Archives du mot-clef insertion



Ré-habiter sa vie. L’exploration méthodologique d’un nouveau vivre ensemble via le cheminement urbain filmé

La création d’une pension de famille dans un quartier mixte parisien, fait l’objet d’une étude qualitative dans les champs de la sociologie urbaine et de la sociologie visuelle. Le suivi des parcours des nouveaux résidents sortant de situations de mal-logement et leurs processus d’appropriation des espaces de vie et d’installation dans ce nouveau vivre ensemble sont propices à l’exploration d’un protocole méthodologique particulier : le cheminement urbain filmé. Cette démarche exploratoire, mobilisée pour susciter la parole sur les pratiques des espaces vécus est ici soumise à l’examen. À la manière d’un carnet d’enquête, notre propos est d’exposer cette expérience et de proposer une lecture critique de cette méthode qui débouche sur un nouvel espace relationnel d’enquête, soit un nouveau cadre d’observation de co-production sociologique.

Quand des sans-logis habitent ensemble : modes de résidence et formes de lien social

La pauvreté limite considérablement le choix d’une solution au problème du manque de logement, mais cela ne signifie pas que les sans-abri aient perdu toute capacité à réinvestir des lieux, même si les formes paraissent hors normes. L’observation de divers modes de résidence de sans-logis en collectifs permet de mettre en évidence une palette d’alternatives possibles produisant diverses formes d’insertion. Des squats « sans gouvernance », des formules d’habiter qui s’appuient sur des collectifs de « pairs », d’autres qui incluent des médiateurs non professionnels, enfin des formules d’habiter portées par des professionnels en appellent à un « sentiment du collectif » comme condition de possibilité d’un accompagnement qui ne rompe pas pour autant avec l’exigence d’une forte autonomie individuelle.

Sur les traces des sans-abri. Le cas exemplaire de Joan

Cet article présente le cheminement d’un sans-abri dans un quartier parisien. Il semble posséder ce que la société considère comme essentiel à une vie « normale et intégrée » (logement, revenus, lien familial). Le comportement de fuite en avant permet de comprendre ce qu’il dit être son « choix de vie ». La succession de traumatismes et de ruptures l’a poussé à adopter ce comportement de protection, le contexte de contraintes qu’offre la rue lui permettant de se projeter dans un ailleurs. On observe la vie à la rue au quotidien, en termes de pratiques sociales et de relations humaines : ajustement identitaire (Goffman), valorisation de la situation (Vexliard), négociation de sa place (Strauss), et en termes de pratiques spatiales, vécues comme une atteinte à l’image de soi que le sans-abri tente de maintenir.

L’insertion sur le marché du travail en France et au Brésil : une approche par la territorialité

L’insertion des individus sur le marché du travail repose sur deux types de rapport au territoire: le territoire économique et le territoire politique. Cette hypothèse est testée à partir d’études de cas tirées du contexte brésilien et du contexte français. Elles traitent : des dispositifs publics et privés d’accès à une occupation pour des populations défavorisées ; d’instruments de gestion urbaine, qui contribuent à l’insertion par le biais du politique. L’analyse combinée de ces deux types d’instruments montre bien comment la dimension économique du territoire est aujourd’hui largement articulée à des marqueurs et des actionsinscrits dans la dimension politique.