Archives du mot-clef identité



La patrimonialisation du centre historique de Berlin, un oubli programmé ? Le réaménagement de la place du château

Le réaménagement de la place du château à Berlin révèle la façon dont certains acteurs politiques et associatifs participent d’une « renationalisation » du discours sur les spécificités urbaines locales. La requalification de cet espace central a supposé l’éviction du palais de la République, édifice emblématique de Berlin-Est érigé en 1976 en lieu et place du château des Hohenzollern et qui fonctionna pendant près de 14 ans jusqu’à ce que les événements de 1989 remettent en question son existence. En 2002, le Bundestag vota sa destruction et la reconstruction de l’ancien château municipal. Nous verrons tout d’abord en quoi la création d’un objet patrimonial par voie de clonage architectural vise à combler l’espace urbain de fictions se rapportant aux identités locales. Nous montrerons ensuite comment certains acteurs contestèrent ces récits sur les identités urbaines. Il s’agira enfin d’explorer les effets exclusifs de la destruction du palais de la République.

L’anthropologue et ses territoires. Qu’est-ce qu’un territoire aujourd’hui ?

À la manière de l’autobiographe, l’auteur nous parle ici de ses territoires successifs comme ayant été à la fois ses lieux de vie et ses terrains de recherche. Il tente de déceler, dans le même mouvement de l’esprit, l’évolution de son regard et la manière dont celui-ci a été conditionné par l’évolution même de ces territoires. Dans une société marquée par une très grande mobilité, l’anthropologue « voyeur » et voyageur mimétise en quelque sorte l’expérience même des territoires et des habitants qu’il a fréquentés.

Les personnes âgées en maison de retraite : une redéfinition des espaces familiaux

En maison de retraite, les familles sont beaucoup plus présentes que ne le suggèrent les représentations sociales des résidents de ces institutions, habituellement décrits comme des vieillards isolés ou délaissés par leurs proches. Néanmoins, l’entrée en institution oblige à réaménager les lieux et les formes du lien familial. L’analyse de la redéfinition des espaces où « faire famille », dans l’institution ou à l’extérieur, et des transformations des relations familiales qu’elle entraîne, met en lumière le travail accompli par les résidents pour articuler leur double appartenance institutionnelle, à leur famille et à la maison de retraite, afin de poursuivre ou de recréer une vie équilibrée en maison de retraite.

L’artisan face au tourisme : un passeur d’espaces et de temps

L’artisanat dit « local », résultant d’une identité sans cesse réinventée, représente, depuis le début du XIXe siècle, une source précieuse d’objets-souvenirs pour des vacanciers soucieux de manifester la preuve d’une expérience maîtrisée de la confrontation avec « l’autre et l’ailleurs ». Entre volonté de mise en valeur d’une situation de dépaysement et proposition d’une image de soi, ce type d’artisanat en dit autant sur la culture du touriste que sur celle de l’autochtone. D’une stratégie de survie économique par l’utilisation de clichés, immédiatement compris par les étrangers, à une démarche de patrimonialisation de savoir-faire, devenus eux-mêmes arguments touristiques, l’artisanat apparaît ici comme le révélateur d’une adhésion à une manière de vivre l’espace vacancier.

La restauration des qsûr : institution du patrimoine et enjeux de mémoire

Sous l’égide du ministère de la Culture algérien et de l’UNESCO, a été engagé récemment un programme de rénovation des qsûr, villages fortifiés du sud de l’Algérie. La restauration de ce patrimoine bâti, qui atteste de la prise de conscience de la part des autorités politiques de son importance en tant que patrimoine historique et culturel, est toutefois sujette à interrogation. Quelles sont les conditions et formes que prend cette réhabilitation ? Quels en sont les enjeux ? Et pour qui ? Car si sa rénovation repose sur une politique de préservation du patrimoine revêtant plusieurs enjeux pour les institutions, elle suscite également un grand intérêt auprès des populations des régions du Sud. En effet, les modalités de réhabilitation de ces qsûr interrogent les conditions et formes de l’institution du patrimoine en Algérie ainsi que les enjeux de mémoire et identitaires liés à l’institution de ces qsûr (lesquels sont les marques de l’autochtonie berbère).