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Quand des sans-logis habitent ensemble : modes de résidence et formes de lien social

La pauvreté limite considérablement le choix d’une solution au problème du manque de logement, mais cela ne signifie pas que les sans-abri aient perdu toute capacité à réinvestir des lieux, même si les formes paraissent hors normes. L’observation de divers modes de résidence de sans-logis en collectifs permet de mettre en évidence une palette d’alternatives possibles produisant diverses formes d’insertion. Des squats « sans gouvernance », des formules d’habiter qui s’appuient sur des collectifs de « pairs », d’autres qui incluent des médiateurs non professionnels, enfin des formules d’habiter portées par des professionnels en appellent à un « sentiment du collectif » comme condition de possibilité d’un accompagnement qui ne rompe pas pour autant avec l’exigence d’une forte autonomie individuelle.

La famille et l’architecte : les coups de dés des concepteurs

Comment les architectes se représentent-ils les manières d’habiter des familles ? Et comment les familles reçoivent-elles, utilisent-elles, détournent-elles les dispositifs mis en espace par les architectes ? Les intentions des architectes sont autant mues par une créativité hasardeuse que par les savoirs sur les usages. Les origines utopistes, révolutionnaires ou réformistes de la mission « civilisatrice » de l’habitation ont été de fortes références jusqu’à ce que l’évolution de la morphologie familiale motive l’aménagement de la polyvalence des espaces, de l’autonomie des enfants ou de l’égalité homme/femme. Seule l’évaluation de cette offre architecturale permet de valider ou de condamner des dispositifs qui n’ont de sens que les uns en relation avec les autres et dans la situation singulière de chaque immeuble, ce qui redéfinit chaque fois la frontière entre le beau et l’utile.

« Faire le beau chez soi » : la part du corps dans l’aménagement et la décoration des espaces du quotidien

Le corps sensible joue un rôle central dans les processus d’appropriation des espaces du quotidien. L’enquête empirique menée sur la mise en forme, l’usage et l’appréciation de territoires personnels (domestiques et professionnels) donne à voir de nombreux dialogues entre les sensations et les sentiments, l’agréable et le beau. Après avoir mis en évidence les enjeux distincts (instrumentaux, hédoniques et formalistes) caractérisant l’appropriation corporelle de ces environnements (l’« aisance », le « confort » et la « beauté »), il s’agit de montrer que le corps habitant, contraint, voire dressé, ne se trouve pas seulement enjoint de « faire le beau », comme on l’attendrait d’un animal. Il se montre en effet tout autant capable de faire le beau, c’est-à-dire d’alimenter des mises en forme et des appréciations des espaces du quotidien qui relèvent d’une esthétique pleinement formaliste.

La double révolution urbaine du tourisme

Cet article travaille l’hypothèse que le système touristique a provoqué une double « révolution urbaine » : la première débute au XVIIIe siècle et correspond au développement partout dans le monde de lieux urbains créés spécifiquement par et pour le tourisme : la station touristique. La seconde, plus récente (2e moitié du XXe siècle) est relative à l’imprégnation de plus en plus importante des villes par la sphère de la recréation. Pour cela, nous dégageons dans un premier temps un cadre théorique qui, à partir de travaux existant, propose une définition enrichie et complexifiée de l’« urbanité » et de l’« urbanisation ». Ce socle permet alors de réunifier dans une même réflexion les différentes modalités de participation du tourisme quant à la dimension urbaine des sociétés, ici plus spécifiquement envisagée à travers la qualité de ses lieux.