Archives du mot-clef habitation



Formes d’habiter et styles de vie. Étude de trois groupes de sans-logis à Belo Horizonte (Brésil)

Cet article analyse trois groupes de sans-logis à partir d’études faites à Belo Horizonte (Brésil), en adoptant la méthode anthropologique de terrain. Face à la contrainte du manque d’habitation, des stratégies différenciées sont adoptées : certains s’emparent de l’espace public et y improvisent leurs habitations ; d’autres déambulent dans les rues et s’installent sur les trottoirs, sous des auvents, en y faisant leur gîte ; d’autres enfin s’organisent, envahissent un terrain et adoptent l’espace public comme lieu de lutte pour l’habitation. Au-delà des stratégies différenciées pour résoudre le problème du manque d’habitation, chaque groupe a ses propres modes et styles de vie : il s’approprie les espaces publics de la ville, s’y installe et en parle de façon spécifique.

Archives et construction de l’objet. Un parcours de recherche sur les politiques de l’habitation populaire

Le propos de cette réflexion est méthodologique : il envisage le rapport entre construction de l’objet et archives, à partir de l’expérience de recherche de sociologie historique de l’auteur, dont les travaux portent sur la politique de l’habitation populaire. Le texte souligne la proximité des problèmes que rencontrent l’enquête sociologique et l’investigation historique portant sur l’époque contemporaine. Il s’arrête sur l’usage des archives en relation avec les questions de la recherche, après avoir souligné l’analogie des démarches du sociologue et de l’historien confrontés à un document de même nature, puis traité du choix des sources.

Mixité sociale ou inclusion sociale ? Bricolages montréalais pour un jeu à acteurs multiples

L’histoire de la mixité sociale comme catégorie d’action publique dans les politiques de logement à Montréal (province du Québec, Canada) peut être lue à travers des projets exemplaires et des moments phares, qui l’incarnent à des échelles spatiales différentes. À chaque fois cependant, la mixité sociale apparaît plus comme le résultat d’un bricolage où interviennent plusieurs acteurs autour de l’enjeu du logement social que comme une politique top down. Elle est aussi davantage associée aux statuts d’occupation (propriété, location) qu’à des préoccupations de cohésion sociale. Les HLM, les coopératives et le logement abordable y jouent un rôle-clé. Enfin, elle se déploie aujourd’hui sur le registre de l’équité socio-spatiale et repose fortement sur le dynamisme et l’influence des organismes communautaires.