Archives du mot-clef globalisation



L’observation du local globalisé. L’exemple de l’espace social alimentaire polynésien

L’espace social, tout autant physique que symbolique, est déterminé par la dynamique des systèmes de relation d’un groupe considéré. Appliqué au champ de l’alimentation, il renvoie aux rapports d’un groupe social aux aliments à travers ses représentations et pratiques spatialement et temporellement situées. Du fait du caractère particulièrement normatif de l’alimentation et de son rapport à l’intime, l’observation directe constitue une méthode privilégiée pour faire apparaître des rapports à l’espace social alimentaire invisibles autrement. Au-delà des limites inhérentes à la méthode, nous nous intéresserons à son recours dans un espace « localisé », et à l’impact du phénomène de globalisation sur les cadres spatiaux de la recherche.

Fluctuations de jeunes chinois autour d’une destruction urbaine à Canton

Cet article analyse la formation et les développements d’un groupe de jeunes chinois mobilisés par la destruction d’un ancien quartier de Canton, capitale du sud de la Chine. Fondé sur une investigation anthropologique, il met en scène les ambiguïtés et les contradictions internes à cette initiative qui a des difficultés à formuler ses objectifs ; en effet la conservation du bâti est quasiment impensable compte tenu de sa dégradation avancée et les habitants sont réduits au rôle de marionnettes dans l’esprit des jeunes. L’auteure donne à voir la complexité d’une scène au sein de laquelle s’entremêlent la peur d’affronter l’État-parti et des espoirs flous d’ascension sociale prenant pour enjeux la mémoire et la culture. La réflexion porte sur le caractère emblématique de cette expérience urbaine qui témoigne d’une « société civile » embryonnaire, dont les destinées restent incertaines dans le contexte politique autoritaire régnant.

Le tournant territorial de l’économie global

Cet article propose de présenter l’hypothèse selon laquelle les formes émergentes de regroupements géographiques d’acteurs pour l’organisation de la production constituent un moyen important d’adaptation de la division mondiale du travail à l’économie globale. Ce mouvement est daté historiquement et correspond à la sortie du fordisme a-spatial. L’article décrit d’abord ces différentes formes (DI, SPL,…) puis débouche sur la mise en évidence d’un modèle productif «territorialisé» qui coexiste avec le modèle classique de productivité.

La gentrification comme articulation entre forme urbaine et globalisation : approche comparative Londres/Berlin

Cet article propose, dans une perspective comparative, une lecture des processus de gentrification dans les villes de Londres et Berlin. Il s’agit de confronter l’aspect « universel » de la gentrification avec la singularité des contextes urbains au sein desquels ce phénomène prend corps, et de voir comment ces derniers interviennent dans sa diffusion et son intensité. Deux points ont été privilégiés : premièrement, les mécanismes historiques qui ont conduit à la dépréciation des quartiers centraux, une caractéristique typique des formes urbaines anglo-saxonnes. Deuxièmement, le statut des villes et leur rôle dans le fonctionnement d’un système capitaliste devenu global, dont la mutation a entraîné toute une série de restructurations économiques, fonctionnelles et sociales, expérimentées différemment à Londres et Berlin. Dans la capitale allemande, la gentrification est avant tout le fait d’« élites culturelles », différentes qualitativement et quantitativement de la classe de services qui s’est développée consécutivement à la financiarisation du système productif de la métropole londonienne.

De la ville moderne aux micro-ordres de la ville insulaire. Les espaces publics contemporains à Mexico

Cet article examine l’évolution des espaces publics en s’intéressant aux changements ayant bouleversé l’ordre urbain de la ville moderne, qui supposait un ensemble de règles applicables à l’espace urbain tout court, ainsi qu’une distinction assez précise entre espaces privés et espaces publics. Or, l’urbanisme insulaire actuel se caractérise par la prolifération de ce que nous proposons d’appeler des micro-ordres, terme par lequel il faut entendre des espaces soumis à des règles sui generis ayant à voir avec la spécialisation des usages et avec les droits de propriété. À partir d’une réflexion essentiellement axée sur la métropole de Mexico, cet article cherche à offrir une synthèse des transformations ayant marqué le passage de l’ordre urbain de la ville moderne aux micro-ordres de la ville insulaire.