Archives du mot-clef ethnicité



Prostitution féminine en Corse : l’ambivalence des « caboulots »

Jusqu’à présent, la prostitution en Corse n’a jamais été étudiée. Le phénomène paraît, en outre, totalement invisible lorsque l’on s’intéresse aux statistiques publiques. Dans un même temps, les « caboulots » – ces bars à hôtesses où les relations sexuelles tarifées sont loin d’être exceptionnelles – paraissent connus de tous. Cet article a pour ambition d’explorer ce paradoxe et, ainsi, de mettre au jour certaines caractéristiques de la prostitution féminine en Corse. Sur la base d’une recherche qualitative réalisée entre 2004 et 2013 et d’appuis théoriques concernant le trafic de femmes, il retrace, tout d’abord, les caractéristiques des caboulots et des femmes qui y exercent. il s’intéresse, ensuite, à l’ancrage de ces lieux dans des contextes, ruraux et urbains, différenciés. il questionne, enfin, l’ambivalence de ces lieux au vu des règles et des normes sociales.

Les « désordres ethniques » à Bradford (Grande-Bretagne)

Cet article présente les émeutes ethniques et les dispositifs institutionnels en Grande-Bretagne dans la période récente, puis les « désordres » de Bradford en 1995 et 2001. Si la controverse oppose explications « structurelles » et « culturelles », les données ethnographiques estompent cette opposition.
Les Pakistanais de Bradford font une nette différence entre les événements de 1995 (décrits en termes de légitime défense, droits humains et citoyenneté) et ceux de 2001 (présentés dans un langage politique, ils sont construits autour de rituels pseudo initiatiques et d’épreuves de virilité). Les émeutiers ne sont ni les victimes du « système » ni les auteurs autonomes de violences gratuites. Il faut tenir compte de leurs marges de manoeuvre avec les contraintes économiques et culturelles, et de l’histoire locale.

Visites guidées et marketing de la différence à Cartagena de Indias (Colombie)

La mise en scène de la différence dans la présentation touristique de Cartagena de Indias, sur la côte Caraïbe colombienne, est étudiée en se centrant sur la pratique du paseo en chiva, visite guidée entre lieux touristiques dans un bus folklorique. Il s’agit de montrer comment la ville se transforme en objet de consommation, à travers lequel l’histoire et la culture locales deviennent des produits et des signes aisément appropriables globalement. Ancien port d’entrée des esclaves et incarnation d’un passé colonial espagnol, Cartagena se prête particulièrement à une réflexion sur les identités de et dans la ville, qui se réfère à la commercialisation de la culture et du corps noirs comme à l’évocation d’un métissage associé à l’Amérique latine. Au croisement entre études sur la ville et sur l’ethnicité, nous proposons une analyse de la production d’un lieu dans lequel les différences sont autant de ressources touristiques, pouvant être consommées tout en déambulant, produisant ainsi une histoire et des identités standardisées et stéréotypées qui agissent en retour sur le rapport des habitants à leur ville.