Archives du mot-clef État



Trafic d’influence et privatisation de l’état : la mise en marché de la gestion des déchets en Sicile

Cette contribution propose, à partir d’une étude empirique traitant de la mise en marché de l’incinération des déchets en Sicile au cours de la décennie 2000, une analyse des pratiques officieuses dans les processus décisionnels au niveau de l’État, et de la manière dont l’idée de bien commun peut être instrumentalisée et confisquée à des fins privatives par les dépositaires du pouvoir. Sur la base des éléments recueillis au cours de l’enquête, qui laissent apparaître une entente en cartel entre les entreprises adjudicataires avec la complicité de responsables politiques et administratifs régionaux, nous faisons l’hypothèse d’une privatisation de l’État au sens d’appropriation et de détournement par des acteurs publics de la symbolique étatique et de l’appareil administratif à des fins privatives. La fiction du bien commun et la parole d’État sont utilisées pour que des intérêts individuels deviennent les intérêts de l’État. Cette appropriation personnelle de l’institution étatique crée une situation de dédoublement politique entre un registre formel et un registre informel ; c’est dans ce dédoublement que s’élabore l’action publique et se construit l’État au quotidien. L’accent sera particulièrement mis sur la manière dont le droit est mobilisé pour mettre en œuvre des transactions informelles dans un espace social où les décisions des autorités et des administrations sont soumises à des procédures de publicisation et de contrôle.

Entre programmes sociaux et invisibilité publique : la politique d’assistance aux sans-logis à São Paulo

Cet article discute les formes actuelles d’assistance à la population de rue dans la ville de São Paulo : l’articulation entre l’État et la société civile organisée explique la tension entre une politique publique d’allure universaliste et un programme social d’urgence et à caractère assistanciel. La recherche porte sur l’expérience des sans-logis, dans une situation limite d’invisibilité politique, et elle questionne l’expérience brésilienne et ses sens multiples.

Faut-il vraiment démolir les grands ensembles ?

En réponse aux problèmes que poseraient des grands ensembles, les pouvoirs publics en ont programmé la démolition. Cette décision s’appuie sur des arguments techniques et sociaux, justifications qui cachent en réalité une volonté de dispersion des populations concernées. Cette démolition-dispersion est l’aboutissement d’un raisonnement s’appuyant sur un postulat suivant lequel le lieu ferait la personne et qu’une action sur l’espace permettrait de résoudre des problèmes sociaux. Cette manière de résoudre la question du logement des catégories défavorisées et la conception universaliste du politique dans lequel cette question s’inscrit méritent d’être examinées, d’autant que cette mesure entraîne la disparition de logements pouvant accueillir la frange la plus démunie de la population.