Archives du mot-clef espaces publics



S’éviter ou coexister tant bien que mal. Usages de deux parcs publics à Belo Horizonte

Alors que les espaces publics brésiliens se transforment, l’observation de type socio-ethnographique de deux parcs publics de Belo Horizonte révèle des tendances ambivalentes. Le Parc Municipal, en plein centre-ville, très fortement sécurisé, accueille principalement des usagers des classes populaires ou des populations marginales. Au Parc Barrage, la coexistence de fait entre habitants des classes aisées et des classes populaires va de pair avec de nombreux vols et les usagers adoptent de multiples stratégies d’évitement. Deux conclusions principales ressortent de notre étude. D’abord, si les espaces publics n’apparaissent plus comme des repoussoirs, la coexistence entre populations n’y va pas de soi et elle est loin d’y renforcer la tolérance. Ensuite, les usagers tendent à considérer que la régulation des espaces publics relève exclusivement de l’État et y adoptent des comportements destinés à leur éviter toute implication.

Formes d’habiter et styles de vie. Étude de trois groupes de sans-logis à Belo Horizonte (Brésil)

Cet article analyse trois groupes de sans-logis à partir d’études faites à Belo Horizonte (Brésil), en adoptant la méthode anthropologique de terrain. Face à la contrainte du manque d’habitation, des stratégies différenciées sont adoptées : certains s’emparent de l’espace public et y improvisent leurs habitations ; d’autres déambulent dans les rues et s’installent sur les trottoirs, sous des auvents, en y faisant leur gîte ; d’autres enfin s’organisent, envahissent un terrain et adoptent l’espace public comme lieu de lutte pour l’habitation. Au-delà des stratégies différenciées pour résoudre le problème du manque d’habitation, chaque groupe a ses propres modes et styles de vie : il s’approprie les espaces publics de la ville, s’y installe et en parle de façon spécifique.

Sociabilités et interdépendances au Souk de Derb Cuba à Casablanca, Maroc. Portrait de deux groupes de buveurs

Victimes des politiques répressives de la ville, certains habitants n’ont d’autre choix que de s’approprier les espaces publics du souq de Derb Cuba à Casablanca au Maroc, privatisés par une morphologie d’enclos, des pratiques illégales liées à la boisson, et une situation spatiale d’habitat illégal. L’étude de ces espaces révèle une réalité sociale inattendue liée aux habitudes de consommation de deux groupes de buveurs d’eau-de-vie (mahia) et d’alcool à brûler, dans la mesure où ces derniers bénéficient d’aides matérielles de la part des habitants du quartier. Une forte dépendance les lie donc à leurs lieux de vie. De plus, des représentations sévères, mais courantes au Maroc, à l’égard des buveurs d’alcool à brûler dictent aux buveurs de mahia un impératif de partition des espaces suivant les codes de conduite propres à chaque groupe, ce qui met à mal l’aspiration au calme des habitants du souq cherchant à établir un nouvel ordre.

De la ville moderne aux micro-ordres de la ville insulaire. Les espaces publics contemporains à Mexico

Cet article examine l’évolution des espaces publics en s’intéressant aux changements ayant bouleversé l’ordre urbain de la ville moderne, qui supposait un ensemble de règles applicables à l’espace urbain tout court, ainsi qu’une distinction assez précise entre espaces privés et espaces publics. Or, l’urbanisme insulaire actuel se caractérise par la prolifération de ce que nous proposons d’appeler des micro-ordres, terme par lequel il faut entendre des espaces soumis à des règles sui generis ayant à voir avec la spécialisation des usages et avec les droits de propriété. À partir d’une réflexion essentiellement axée sur la métropole de Mexico, cet article cherche à offrir une synthèse des transformations ayant marqué le passage de l’ordre urbain de la ville moderne aux micro-ordres de la ville insulaire.