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Devenir élève au Brésil en contexte ségrégué. Un défi impossible ?

La massification de l’accès à l’école au Brésil se développe à partir des années 1970, avec l’arrivée croissante des enfants et des adolescents issus de familles populaires. Ce processus est directement lié à la transition démocratique du pays, alors que la Constitution de 1988 donne une place nouvelle aux droits de l’enfant et de l’adolescent dans le système juridique brésilien, et affirme le droit à l’apprentissage scolaire. Cet article décrit le contexte général de développement de ce processus de massification et, plus spécifiquement, interroge les modalités de construction de l’identité d’élève chez les enfants et adolescents de classes populaires, en lien avec les “effets de lieu”. Cet article s’appuie sur une étude de cas qui analyse l’accès au droit à l’éducation scolaire des enfants et des adolescents qui vivent dans une grande favela de Rio de Janeiro.

Construire l’école du bien-être dans un quartier pauvre. Une expérience d’accompagnement sociologique

L’école française se caractérise par de très médiocres indicateurs concernant le bien-être et le sentiment des enfants d’être chez eux à l’école. Cet article analyse une démarche de reconstruction d’une école dans un quartier défavorisé d’une ville française de taille moyenne. La recherche ethnographique et sociologique est fondée sur la constitution et le suivi d’un groupe comprenant les différents acteurs du quartier concernés par l’école. Cette démarche expérimentale montre les potentialités et les obstacles pour ouvrir le jeu notamment aux associations, aux parents d’élèves et aux enfants. Pour avancer vers une école du bien-être, les auteurs proposent de considérer des enjeux pragmatiques du quotidien de la communauté éducative (cour, sécurité, santé) afin de contourner les polémiques autour des valeurs de l’école.

Les acteurs locaux aux prises avec l’injonction paradoxale de la mixité sociale à l’école

L’émergence du credo de la mixité sociale à l’école est concomitante de transformations de la sphère éducative : émergence d’un libre choix de l’école, accroissement des logiques concurrentielles, responsabilisation accrue des acteurs locaux. L’article montre que, sous couvert de promotion des élèves de milieux populaires dans les établissements les plus « attractifs », le credo de la mixité sociale contribue à reproduire le schème de la méritocratie scolaire. Le renvoi de la responsabilité de la mixité sociale aux acteurs locaux, s’il donne lieu à des réalisations institutionnelles modestes, contribue au renforcement des dispositifs de normalisation des classes populaires. Le credo de la mixité sociale à l’école ne remet ainsi pas en cause les inégalités structurelles devant l’école ainsi que les stratégies d’entre-soi scolaire des classes moyennes et supérieures.

Jeunes filles « invisibles » dans les quartiers populaires

Lors des troubles de novembre 2005, les jeunes filles n’ont été mentionnées que pour commenter les actions commises par des garçons. Comment peut-on expliquer, à partir de l’analyse du quotidien des jeunes gens des quartiers, qu’elles n’expriment que rarement leur mécontentement sous une forme directe ? Les logiques de genre apparaissent fortement dans les rapports à l’espace du quartier et à l’univers scolaire tels que l’auteur a pu les observer et les analyser dans une commune de la banlieue parisienne. Si elles tiennent les filles à l’écart de la rue et de certaines formes d’expression, celles-ci n’en désavouent pas pour autant les garçons quand ils se font les porteurs d’une colère commune.