Archives du mot-clef division du travail



La place des « indésirables ». Pratiques et effets de l’exclusion dans les établissements de secteurs populaires

À partir de plusieurs enquêtes ethnographiques réalisées dans huit établissements de secteurs populaires, cet article propose de contribuer à l’analyse des recompositions qui travaillent l’école française aujourd’hui massifiée, en interrogeant, à l’échelle des espaces scolaires, les effets et enjeux associés à la prise en charge de nouvelles problématiques scolaires et sociales, qui tendent particulièrement à se concentrer dans les zones les plus ségréguées. On partira ici de ce qui constitue l’une des expériences ordinaires les plus partagées par une partie de ces enfants de la massification, parfois jugés inenseignables ou ingérables : l’exclusion de cours. L’examen de cette pratique, souvent ignorée dans les champs politique et médiatique s’avère heuristique pour saisir quelques-unes des transformations qui affectent aujourd’hui l’organisation des espaces scolaires, notamment en termes de distribution spatiale des corps, de division du travail et de socialisation des élèves.

Transactions économiques et marquage des frontières autour des « copropriétés fermées » à Buenos Aires

Comme dans d’autres villes du monde, il existe à Buenos Aires une classification résidentielle récente qui distingue les « copropriétés fermées » des « copropriétés non fermées ». Plutôt que d’aborder les « copropriétés fermées » comme des enclaves, cet article restitue le caractère « indigène » de cette classification et s’interroge sur le type de relations qui l’accompagne. Dans une démarche ethnographique, l’article montre que, contrairement à ce que suppose la notion d’enclave, le classement des immeubles comme « copropriétés fermées » ne repose pas sur l’absence de rapports entre leurs habitants et l’extérieur, mais sur la manière dont ces rapports – en particulier entre les habitants et les employés des copropriétés – sont gérés en interne. Cet article propose une approche de ce sujet sous l’angle des changas – les travaux et services que les employés des copropriétés effectuent à titre individuel pour les habitants dans le cadre d’une relation personnelle – afin de dévoiler les enjeux de légitimation de cette classification.