Archives du mot-clef déclassement



« Comment nous sommes devenus HLM ». Les opérations de mixité sociale à Paris dans les années 2000

Cet article entend travailler la thématique de la mixité sociale à partir d’une perspective dynamique, qui envisage les situations de mixité à travers la coprésence non de positions mais de trajectoires socio résidentielles différenciées, interagissant au sein d’un cadre global lui-même en évolution. À partir d’une enquête sur les actions menées depuis 2002 par la Ville de Paris en vue d’agir sur la mixité sociale résidentielle, il met en évidence la pertinence de la distinction entre mobilités actives et passives afin de comprendre les discours et pratiques des habitants concernés. Il éclaire la multiplicité des points de vue, de l’ascension sociale au déclassement, et souligne comment la contrainte vécue conduit à l’exacerbation des rapports sociaux et des logiques de distinction autour de la question raciale. Dans cette perspective, la figure du ghetto devient prégnante et souligne combien l’objectif de cohésion par la mixité est loin d’être atteint.

Des « pionniers » prisonniers : immobilité résidentielle et déclassement social des pavillonnaires en ville nouvelle

Cet article se propose de revenir, dans une perspective dynamique, sur les significations sociales de l’habitat pavillonnaire de ville nouvelle pour les classes moyennes qui s’y sont installées. Différents ressorts pourraient permettre d’expliquer le déclassement vécu (approche subjective) et mesuré par les données statistiques (approche objective). Ils concernent aussi bien les évolutions socio démographiques des quartiers d’habitat pavillonnaire que les trajectoires inter- et intragénérationnelles d’une partie des cadres du privé touchés par l’instabilité professionnelle dès les années 1980. En outre, la question de l’entretien des ensembles pavillonnaires cristallise les tensions avec la Mairie socialiste à mesure de leur vieillissement ; elle révèle des enjeux politiques liés à la représentation des classes moyennes pavillonnaires sur la scène municipale et à leur perte de pouvoir résidentiel.

Le logement, facteur de sécurisation pour des classes moyennes fragilisées ?

Les classes moyennes font aujourd’hui l’objet d’une attention accrue, moins pour célébrer leur hégémonie que pour souligner les difficultés croissantes d’une partie d’entre elles. À l’issue d’une vaste enquête sur la population active en France, cet article montre les décalages existant entre l’appartenance aux classes moyennes sur la base du statut socioprofessionnel et les conditions matérielles de vie et de logement. En cause : la faible progression des revenus, l’augmentation des dépenses contraintes (au premier rang desquelles figure le logement) et surtout, le déclassement professionnel d’une partie des ménages des classes moyennes. Les fortes disparités internes à ce groupe accroissent la différenciation des trajectoires résidentielles. Trois type se dégagent nettement : les trajectoires ascendantes qui nourrissent une logique d’aspirations croissantes ; les trajectoires descendantes de ménages confrontés à une « logique de subsistance », au même titre que les fractions les plus modestes des couches populaires ; et, dans l’entre-deux, les trajectoires obéissant à une logique de sécurisation par le logement, tant sur le plan patrimonial, que social et statutaire.