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Les politiques transfrontalières France-Italie et les nouveaux enjeux territoriaux

La frontière a longtemps été le symbole d’une césure. Avec l’intégration européenne, une politique qui inverse le cap se met en place : elle fait de la frontière un lieu privilégié de l’intégration. La coopération transfrontalière entre la France et l’Italie illustre ces dynamiques, permettant d’observer le jeu et le nouveau positionnement des acteurs territoriaux. C’est un exemple de la croissance des politiques infranationales. En Italie, l’expression sistema paese (mot-à-mot : système-pays) explicite l’évolution de cette architecture institutionnelle qui s’adapte aux mutations des territoires à l’échelle internationale, les effets d’aubaine devenant des effets d’entrainement.

La coopération urbaine transfrontalière ou l’Europe « par le bas » ?

Le texte s’intéresse à une forme particulière de coopération intercommunale mettant en jeu non seulement des collectivités françaises voisines, mais aussi des collectivités allemandes, autour de la zone frontalière Moselle-Sarre, dessinant les contours d’une gouvernance locale renouvelée dans un rapport singulier à la construction européenne. De la sorte, c’est la redistribution des chances de gagner du pouvoir à l’intérieur du territoire et la transformation des ressources dans la compétition politique que l’on
aborde. L’analyse s’ancre dans une sociologie politique et urbaine de la gouvernance, pour souligner tout l’intérêt qu’il y a à revenir sur les différents types d’acteurs en présence et leurs propriétés sociales, afin de comprendre comment la gestion d’une agglomération transfrontalière se met en oeuvre, suivant une articulation sophistiquée de combinaisons entre le modèle politico-administratif du gouvernement local et les modes de gouvernance locale, excluant un certain nombre de partenaires possibles et produisant des modifications de la définition de l’intérêt général, du transfrontalier, des relations avec les acteurs extérieurs et des rapports de pouvoir, modifications significatives de processus d’européanisation « horizontale ».