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Représentations et pratiques de la nature dans un territoire transfrontalier : le cas « Marittime-Mercantour »

Les tensions entre les projets de protection de la nature, les populations locales et les pratiquants des activités de nature représentent une donnée constante. Cet article se penche sur la situation de deux parcs naturels frontaliers, situés en France et en italie, et les relations que ceux-ci entretiennent avec leurs territoires respectifs en tant qu’espaces protégés. Au moyen d’une investigation socio-historique, l’étude montre que le degré des tensions est étroitement lié au niveau d’implication des usagers de l’espace protégé au sein des actions menées par les parcs pour s’ancrer sur le territoire. Les différentes manières de se rapporter aux populations locales et aux pratiquants de ces deux territoires, qui caractérisent le Parc national du Mercantour et l’attenant Parco delle Alpi Marittime, semblent découler de visions de la nature – et de sa protection – qui s’avèrent profondément divergentes.

Transformation et permanence : la comparaison des processus de réaménagement des stades dans deux parcs historiques

L’aménagement d’équipements urbains situés dans les abords des parcs historiques urbains entraîne de nombreuses controverses. Celles-ci nous permettent d’observer les différences et les ressemblances dans le jeu des acteurs concernés par ces projets, les arguments qui soutiennent les différentes positions ainsi que les valeurs et les processus que deux sociétés distinctes, l’une argentine et l’autre québécoise, s’efforcent de prendre en compte. Or, dans cet article, il s’agira de déterminer la place qu’occupe le patrimoine dans ces processus et les résultats qu’il entraîne.

Une urbanité de confrontation. Regroupements de jeunes et gestionnaires de l’espace urbain

Les regroupements de jeunes sont à la fois divers et changeants, au gré de leur composition du moment, des espaces fréquentés et des contextes auxquels ils sont soumis. L’urbanité des situations est donc relative à ces différents facteurs. Cependant, les tensions qui traversent les rassemblements semblent mettre à nu une « hospitalité de confrontation », mêlant promiscuité socio-spatiale et souci de différenciation. D’une part, ils reposent sur une « gestion permanente du conflit potentiel », gage de leur survie. D’autre part, les sociabilités qui s’y déploient reposent sur une « familiarité a priori » qui atténue le devoir de catégorisation propre aux relations urbaines. Enfin, ils fonctionnent de manière centrifuge, mettant en mouvement les jeunes qui les côtoient. Ces qualités semblent faire du rassemblement un « espace public pratique », mettant à l’épreuve les rapports de dépendance ou d’autonomie des liens sociaux par rapport aux lieux.

L’aménagement territorial du Pays d’Aunis ; entre conflits d’intérêts et concertation

Le présent article vise à mettre en évidence la diversité des modalités d’anticipation utilisées par les acteurs décisionnels (les élus) pour assurer l’aménagement des territoires dont ils ont charge de gestion. En France, la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain de décembre 2000 instaure deux outils de gestion ; les Schémas de cohérence territorial (SCOT) et les Plans locaux d’urbanisme (PLU) ainsi qu’une méthode qui consiste à mettre en place différentes phases de concertation entre acteurs. L’étude menée sur la base d’entretiens qualitatifs auprès d’élus, d’agriculteurs et d’administratifs, associés à des récits de vie prenant en compte les histoires locales et la consultation de documents d’urbanisme permet de mettre en évidence de réelles différences entre collectivités territoriales quant à l’application de la législation en vigueur. Cette diversité offre en retour l’occasion de s’interroger sur la façon dont les acteurs en présence conçoivent l’information, la concertation et la négociation.

Moustiques et territoire. Quand Ædes caspius, Ædes detritus et d’autres s’invitent en presqu’île guérandaise

La volonté de réduire les gênes et les nuisances que représente la présence de moustiques dans la presqu’île de Guérande a permis de rendre compte d’une sédimentation sociale et culturelle des rapports entre les acteurs concernés et l’espace dans lequel ils agissent. Des manières de voir qui renvoient à des manières d’agir se sont manifestées à travers un conflit né dans les années 1970 et dont perdurent encore des traces : luttes d’intérêts, d’usages et de représentations. Il s’agit de dresser l’inventaire de ce qui constitue, au delà de l’espace physique, le territoire symbolique. De ce point de vue, les moustiques participent à part entière à la construction du territoire, soit directement en influençant les décisions prises, soit indirectement à travers les rôles que les uns et les autres leur font jouer.