Archives du mot-clef autonomie



comment étudier les classes populaires aujourd’hui ? Une démarche d’ethnographie comparée

Depuis la fin des années 1970, le modèle de développement économique néolibéral a entraîné le délitement de la société salariale, affectant directement le quotidien des classes populaires. Nous proposons dans cet article des éléments d’analyse issus d’une enquête collective en cours qui réunit trois équipes, en France, en Espagne et en Argentine, autour de préoccupations communes pour les reconfigurations des classes populaires, et de la volonté de s’y intéresser empiriquement. Nous explicitons d’abord le parti pris d’une analyse territorialisée et s’attachant aux pratiques ordinaires. Puis nous proposons quelques pistes de réflexion à partir des résultats intermédiaires de l’enquête en cours, organisés selon deux échelles d’analyse : l’échelle du territoire, qui permet de s’attacher au passage d’une territorialité ouvrière à une territorialité populaire, et celle des tensions entre l’autonomie et la dépendance expérimentées par les classes populaires.

Autonomie dans la migration et dimension mémorielle des lieux

Dans la relation de l’individu à son environnement, des formes d’attention mettent l’accent sur la « reconnaissance » d’éléments familiers dans des endroits qui ne le sont pas. L’attention portée aux lieux et aux indices de proximité mis en évidence par les migrants invite à considérer autrement les ressorts de la migration, en tenant compte de leur autonomie dans la décision de migrer. Cet intérêt accordé au familier, parce qu’il met en tension le dépaysement et le « re-paysement », révèle la prégnance de cette migration qualifiée de volontaire dans le processus de subjectivation des migrants et souligne également l’importance des qualités d’hospitalité des villes d’inscription.