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Action collective, institutionnalisation et contre-pouvoir: action associative et communautaire à Paris et Montréal

La question de l’institutionnalisation s’est posée dès les premiers travaux sur les mouvements urbains. Elle réapparaît aujourd’hui dans un contexte de reconfiguration des formes de gouvernance urbaine, d’ouverture de nouveaux espaces de débats et de mise en œuvre de dis-positifs participatifs. La comparaison du fonctionnement d’une coordination associative à Paris et d’une coalition communautaire à Montréal montre comment les mouvements sociaux participent à la transformation des règles démocratiques et s’en trouvent eux-mêmes transformés. Les associations et les groupes communautaires négocient leur rôle entre intégration partielle et logique de contre-pouvoir. Les facteurs déterminants de cette négociation sont le degré et les formes d’organisation des mouvements sociaux, leur autonomie financière, leur capacité à conserver un espace de débat autonome.

Liens territoriaux, liens sociaux. Le territoire, support ou prétexte ?

Cet article entend interroger la capacité du lien territorial, quand il est médiatisé par une association de quartier, à transcender la différenciation sociale des pratiques et des sociabilités. Les associations d’habitants sont en effet volontaristes et cherchent à multiplier les occasions de « vivre ensemble » au sein de l’espace local. Cependant, les discours d’ouverture et de mixité sociale professés par les militants héritiers de la « classe d’alternative » se heurtent à des pratiques valorisant largement l’entre soi au sein même de l’association. Ce n’est qu’à l’occasion d’échanges éphémères, festifs et militants, que s’atténue, très temporairement, la ségrégation des liens sociaux.

De l’expertise associative à la constitution d’un contre-pouvoir. Action collective et concertation à Paris Rive Gauche

Dans les dispositifs de démocratie participative, l’impact des citoyens se limite souvent à l’échelle des quartiers, sans pouvoir peser sur les grandes transformations urbaines. Pourtant, à Paris Rive Gauche, les acteurs associatifs sont parvenus à avoir un impact non négligeable sur un projet urbain de grande ampleur. En s’interrogeant sur cette exception, cet article montre que les associations peuvent imposer leurs savoirs sur la table des négociations, en dépit des questions d’échelles et de la dimension économique des projets, à partir du moment où elles arrivent à saisir les effets d’opportunités politiques, à développer une capacité de contre-expertise et à s’inscrire dans une double dynamique de coopération et de contre-pouvoir. Cette articulation entre des logiques de savoir et de pouvoir est sans doute la condition pour que les citoyens puissent se faire entendre sur les questions d’urbanisme à grande échelle.