Archives du mot-clef Aménagement



Faire converger projet métropolitain et stratégies universitaires : l’autre grand chantier de Montpellier ?

Le développement de Montpellier dans les années 1960 s’est notamment appuyé sur la création de deux vastes campus « à l’américaine » au nord du territoire communal. Dans une approche planificatrice et descendante, l’État a imposé aux pouvoirs locaux (qui ont finalement pris fait et cause pour le projet) l’implantation de grands ensembles universitaires dans la périphérie montpelliéraine, à l’écart des services urbains et des facultés historiques restées au centre. Les opportunités foncières offertes à l’époque dans ce secteur ont conforté le choix des pouvoirs publics. Le quartier « Hôpitaux-Facultés » s’est révélé être un des moteurs de l’extension urbaine et l’une des portes d’entrée d’une ville, alors davantage tournée en direction des garrigues que vers la mer. De la construction du Centre Richter sur les rives du Lez à la requalification des anciens hospices en centre ville, les stratégies universitaires se sont depuis diversifiées, tout en faisant écho à l’évolution du projet montpelliérain – dont le quartier d’Antigone, le parc urbain du Lez puis l’avenue Dugrand ont tour à tour constitué les fronts. Ce faisant, « l’Opération Campus » débutée en 2009 paraît désormais déconnectée des priorités de la municipalité, alors qu’elle recouvre de multiples enjeux en matière de logements, d’environnement et de transport à l’échelle métropolitaine.

La territorialisation de l’enjeu « sécurité routière » : vers un basculement de référentiel ?

L’article proposé ici est centré sur le mouvement de territorialisation en ce qu’il affecte le contenu de l’action publique. En l’appliquant à la politique de sécurité routière, nous faisons l’hypothèse qu’une autre construction et une autre prise en charge de ce problème public peuvent émerger par sa territorialisation.
Le référentiel dominant de la politique publique de sécurité routière est centré sur la mise en cause des comportements déviants des conducteurs. Contesté de longue date par les chercheurs en sécurité routière, ce référentiel sectoriel, fragile car non porté par une corporation, ne résiste pas à sa confrontation au local. Sous les effets conjugués d’un contexte global de remise en cause de l’automobile et de la construction de politiques territoriales qui s’affranchissent des référentiels sectoriels, ce secteur d’action publique est en mouvement.

Pratiques de mobilité et aménagement urbain : les déplacements domicile-travail des actifs habitant à Marne-la-Vallée

Cet article étudie la question des mobilités à Marne-la-Vallée en proposant d’observer la manière dont cette question est abordée au sein du Schéma directeur de 1965, en s’attachant tout particulièrement à l’organisation des mobilités liées au travail, et en effectuant une évaluation de ces objectifs sur la base des données fournies par le recensement général de la population de 1999. Les résultats montrent que, conformément aux orientations du Schéma directeur, Marne-la-Vallée ne fonctionne pas sur le mode autarcique. Les mobilités domicile-travail des actifs habitant cette ville nouvelle s’effectuent à l’échelle de Marne-la-Vallée, et encore plus de l’Est parisien. Ces mobilités ne se caractérisent pas par un usage exclusif de l’automobile : les actifs utilisent majoritairement les transports en commun en direction de Paris, et l’accès aux centres urbains de la ville nouvelle ne témoigne pas d’un usage intensif de l’automobile.

L’aménagement territorial du Pays d’Aunis ; entre conflits d’intérêts et concertation

Le présent article vise à mettre en évidence la diversité des modalités d’anticipation utilisées par les acteurs décisionnels (les élus) pour assurer l’aménagement des territoires dont ils ont charge de gestion. En France, la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain de décembre 2000 instaure deux outils de gestion ; les Schémas de cohérence territorial (SCOT) et les Plans locaux d’urbanisme (PLU) ainsi qu’une méthode qui consiste à mettre en place différentes phases de concertation entre acteurs. L’étude menée sur la base d’entretiens qualitatifs auprès d’élus, d’agriculteurs et d’administratifs, associés à des récits de vie prenant en compte les histoires locales et la consultation de documents d’urbanisme permet de mettre en évidence de réelles différences entre collectivités territoriales quant à l’application de la législation en vigueur. Cette diversité offre en retour l’occasion de s’interroger sur la façon dont les acteurs en présence conçoivent l’information, la concertation et la négociation.

Le rôle des pratiques sportives et de loisirs dans la définition et l’urbanisation des sites touristiques en France

Le développement conjoint du sport et du tourisme a donné naissance à l’exemple le plus marquant de construction urbaine ex nihilo avec les stations de ski. Au-delà de ce phénomène d’exception, l’urbanisation des destinations touristiques, définies par leur potentiel pour la pratique d’activités physiques de loisirs, est un phénomène à la fois plus diffus mais également beaucoup plus étendu. À travers les exemples des activités nautiques et montagnardes, nous mettrons en évidence le rôle moteur des activités physiques dans ce processus. Cette démonstration se centre sur les débuts de l’institutionnalisation des pratiques physiques et touristiques, à la fin du XIXe siècle, et s’appuie sur les archives et publications des sociétés d’encouragement de ces activités (Touring club de France, Club alpin français, Canoë club de France).

Artefacts sécuritaires et urbanisme insulaire : les quartiers d’habitat social rénovés à Belfast

L’objectif de cet article est de montrer que le processus de rénovation urbaine des années 1980 et 1990 à Belfast tend à créer des espaces insulaires. En effet, des considérations multiples sont à l’origine de la création de quartiers tournés sur eux mêmes mais pas totalement isolés. Le conflit communautaire et la violence confessionnelle sont en trame de fond, mais des considérations sur la délinquance de droit commun ainsi que les modes en terme de composition urbaine sont en jeu. L’organisme maître d’ouvrage, le Northern ireland Housing Executive (NIHE), gestionnaire du logement ocial est soumis à des pressions et impératifs contradictoires : peurs des communautés locales, revendications des élus et des milices paramilitaires, administration de la voirie opposée à la fermeture des rues. La voirie et les plans-masses des nouveaux quartiers, intégrant des grilles et des murs, sont en rupture avec la trame quadrillée et ouverte du bâti aligné sur rue, sans toutefois réaliser des enclaves retranchées de la ville.