Archives du mot-clef aménagement du territoire



Le système universitaire madrilène : entre concentration et dispersion géographique

Cet article analyse le développement spatial des implantations universitaires à l’échelle de la Communauté autonome de Madrid. La capitale espagnole, qui représente le plus grand foyer universitaire d’Espagne, a vu le nombre de ses universités passer de un à quinze en à peine quarante ans. Le système universitaire régional se constitue dans un horizon temporel très resserré et les nouvelles universités, notam- ment privées, privilégient l’implantation dans la périphérie favorisée de l’aire métro- politaine. En revanche, le développement de l’université publique est conçu dans une logique de rééquilibrage régional et métropolitain. La dispersion des installations universitaires dans la région de Madrid s’opère dans un contexte de concurrence accrue entre les universités du fait des nouvelles politiques d’excellence et de la diminution du nombre d’étudiants, mais aussi marqué par l’absence de planification universitaire à l’échelle métropolitaine.

Intervention publique et développement à Hong Kong : un libéralisme en trompe-l’oeil ?

Le développement de Hong Kong a été souvent expliqué par l’attitude libérale de son gouvernement. L’article revient sur ce mythe en analysant les politiques d’aménagement de l’espace depuis les années 1950. La définition du libéralisme (sur laquelle s’appuient les autorités) est tout d’abord fournie. Il est ensuite montré que le gouvernement a pesé lourdement sur l’immobilier, en subventionnant indirectement environ la moitié des logements. Cette politique a permis la mise en place d’une politique de promotion des exportations, puis l’avènement d’une société de consommation. Paradoxalement, cette politique interventionniste n’a pas remis en cause le mythe libéral, les modes d’intervention publique utilisés échappant aux critères retenus dans la définition du libéralisme. Enfin, les changements en matière d’aménagement de l’espace après 1997 ont provoqué des difficultés économiques que Hong Kong a du mal à surmonter.

Généalogie d’un mythe : les établissements publics d’aménagement des villes nouvelles

Les aménageurs des villes nouvelles françaises attribuent souvent l’originalité de ces villes à l’utilisation d’une forme administrative nouvelle : les établissements publics d’aménagement. L’analyse historique dément cette conception déterministe à différents niveaux. D’une part, les EPAVN s’inscrivent dans une tradition biséculaire d’établissements publics. D’autre part, le choix politique qui a consisté, au milieu des années 1960, à préférer la formule des EPA plutôt que celle des sociétés d’économie mixte a fait l’objet de nombreux débats et compromis. Entre-temps, la conception des villes nouvelles a fait l’objet d’un changement d’échelle. Imaginées à l’origine dans un contexte régional, les villes nouvelles se territorialisent dès la fin des années 1960. La lenteur de la transformation des missions d’études en établissements publics d’aménagement indique que les tensions au sein de l’exécutif ne sont pas apaisées à l’heure où sont lancés les premiers chantiers.