Archives du mot-clef agriculture urbaine



L’agriculture urbaine en question : épiphénomène ou révolution lente ?

L’agriculture urbaine semble aujourd’hui opérer son retour dans les villes des pays occidentaux. Les initiatives publiques, privées, associatives et même entrepreneuriales foisonnent. Si l’engouement pour le développement de ces initiatives est certain compte tenu des services rendus (fonction nourricière, sociale, environnementale), des voix discordantes se font entendre et remettent en question le bien-fondé de cette agriculture souvent non professionnelle. Considérée par certains comme anecdotique dans la consommation alimentaire de la plupart des citadins, ou comme un phénomène de mode voire un loisir pour urbains, elle est même parfois remise en question en tant qu’agriculture.

L’interview croisée restituée ici, entre Christine Aubry et Jean-Noël Consalès, a pour objectif de faire le point sur l’état des débats autour de cette question renouvelée de l’agriculture urbaine. On y découvre une agriculture plurielle, un terreau d’innovation et peut-être les signes d’une transformation du monde agricole.

S’intégrer pour se pérenniser : pratiques d’agriculteurs urbains dans trois villes du Sud

L’agriculture urbaine est un phénomène d’ampleur dans les villes du Sud. Guère prise en compte dans les politiques d'aménagement, elle parvient pourtant à se maintenir et à s’adapter aux contraintes urbaines. L’intégration ville-agriculture urbaine a souvent été étudiée sous l’angle politique, économique ou environnemental. Nous nous attachons ici à étudier cette intégration sous l’angle socio-spatial ; trois exemples permettent de mettre en évidence différentes figures d’intégration issues des pratiques des agriculteurs urbains : à Bobo-Dioulasso (Burkina Faso), les agriculteurs établissent des relations sociales permettant de s’assurer l’accès à des ressources productives, à Metro Manila (Philippines) c’est l’appropriation des pratiques par des réseaux d’acteurs à l’échelle locale qui est gage d’une pérennité, et à Saint-Louis (Sénégal), c’est à travers des formes d'organisation initiées par les agriculteurs que ceux-ci arrivent à faire valoir leurs intérêts auprès des autorités urbaines.