Archives du mot-clef action collective



L’inter-institutionnalité technique au cœur de la construction métropolitaine

Cet article part du constat selon lequel la gestion des territoires métropolitains est inter-organisationnelle. Dans la lignée de la sociologie de l’action organisée, il développe une approche systémique de l’action publique dans le cas d’un projet de réseau de transport métropolitain. Celui-ci implique une coopération entre le syndicat des transports, le conseil régional, plusieurs départements, une communauté urbaine et plusieurs communautés d’agglomération. En nous intéressant aux acteurs qui, concrètement, assurent le déploiement de ce projet, nous explorons les mécanismes qui rendent possible cette action collective entre des administrations autonomes liées par des interdépendances stratégiques fondées sur la distribution territoriale et sectorielle des compétences en matière de transport public et d’aménagement. Nous mettons ainsi en évidence l’inter-institutionnalité technique qui, à l’occasion d’actions opérationnelles, contribue à la construction métropolitaine.

La transformation du discours public par l’action collective : l’association « Action by Differently Abled People in Tynedale (ADAPT) »

L’action collective et le discours public réagissent l’un sur l’autre de façon réflexive dans le temps. Dans la pulsion de ce mouvement réflexif, la primauté est donnée à l’action collective. L’argument se fonde sur le fait que les discours se forment et se modifient sous la pression continue des situations sociales problématiques. Il s’appuie sur l’étude d’une association à but non lucratif qui intervient dans le champ de l’action sociale. L’analyse montre l’émergence, la mission et la réussite de cette association qui offre une gamme de services en faveur des personnes handicapées et qui dépend majoritairement de bénévoles. La théorisation de la place et de la fonction démocratiques d’une telle association invite à la situer du côté de la société civile et à la concevoir comme cadre et modèle pour les auto-apprentissages collectifs des citoyens. La tâche primaire du citoyen, collective par nature, est d’assurer la mise en valeur de l’héritage culturel, un travail dans le présent pour un avenir meilleur. Deux catégories de citoyen, ou d’acteur démocratique, prennent place : le citoyen individuel et le citoyen collectif.

Vers un brouillage de l’ordre spatial aux marges de Rosario et de Montevideo ?

Cet article interroge les interactions entre mobilité et ancrage dans les parcours citadins des membres d’organisations de quartier, aux marges de Rosario et de Montevideo. L’expérience militante a une dimension éminemment spatiale, d’autant plus manifeste dans le cas d’organisations de quartier. Ces dernières dépassent cependant largement le quartier, en tant qu’échelle et registre d’actions. L’engagement dans ces organisations génère des mouvements centripètes et centrifuges constants et interdépendants autour du quartier. L’ancrage est ici intrinsèquement lié à des pratiques plus mobiles de la ville. Un fort ancrage ne se traduit pas nécessairement par un phénomène de repli mais peut être facteur de fortes mobilités. De même, la mobilité peut renforcer l’inscription territoriale. Mobilité et ancrage peuvent être, enfin, totalement interdépendants, l’inscription territoriale est alors circulatoire, n’existant que dans et par un va-et-vient entre le quartier et l’ailleurs.

De l’expertise associative à la constitution d’un contre-pouvoir. Action collective et concertation à Paris Rive Gauche

Dans les dispositifs de démocratie participative, l’impact des citoyens se limite souvent à l’échelle des quartiers, sans pouvoir peser sur les grandes transformations urbaines. Pourtant, à Paris Rive Gauche, les acteurs associatifs sont parvenus à avoir un impact non négligeable sur un projet urbain de grande ampleur. En s’interrogeant sur cette exception, cet article montre que les associations peuvent imposer leurs savoirs sur la table des négociations, en dépit des questions d’échelles et de la dimension économique des projets, à partir du moment où elles arrivent à saisir les effets d’opportunités politiques, à développer une capacité de contre-expertise et à s’inscrire dans une double dynamique de coopération et de contre-pouvoir. Cette articulation entre des logiques de savoir et de pouvoir est sans doute la condition pour que les citoyens puissent se faire entendre sur les questions d’urbanisme à grande échelle.