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Parutions 2001

 

 

 

N° 104 De la ségrégation à la dispersion Le territoire comme mode d'expression identitaire

Le propos idéologique fait souvent comme si nous avions à choisir entre deux politiques d'urbanisme plus ou moins antinomiques, l'une centripète, " jacobine ", l'autre centrifuge, disons " girondine ". Contre ces deux figures considérées comme dépassées désormais, ce même propos promeut une voie rationnelle, en réseau : un espace abstrait comme la communication d'information dont elle serait quasiment le double au sens où le terme même de communication les recouvre effectivement l'un comme l'autre. Entre espace et fonctionnement économique, social et culturel, l'analogie serait parfaite et constituerait ainsi la base futuriste d'une " démocratie " véritable. En réalité, les deux mouvements centripète et centrifuge, ainsi que la forme réticulaire, ont toujours existé de façon plus ou moins superposée dans l'histoire (Duhem, Gourdon, Lassave, Ostrowetsky, Villes et transports, Plan Urbain, Ministère de l'équipement, 1994). Ce qui s'opère, en effet, à chaque période, c'est une recomposition entre forces attractives et dispersion, d'une part, permanence des formes, d'autre part. C'est ainsi qu'à notre époque, la dispersion expansive liée à la globalisation a pour contre partie l'" enkystement " identitaire. Ni exclusivement centraliste, ni strictement réticulaire, l'urbain est à concevoir selon le bipôle catégoriel propre à la mémoire des formes et à la dynamique des actes.
 

I – De la ségrégation à la dispersion, le territoire comme mode d'expression identitaire

 

II – HORS DOSSIER, Action sociale localisée et contrainte économique.

 

N° 105-106 : Projet urbain, maîtrise d'ouvrage, commande

Le projet urbain est à la mode. Ce mot-valise rend compte d'une évolution très forte et rapide dans la production des objets territoriaux et urbains comme dans la recherche. L'organisation de la production des villes, immeubles ou morceaux de ville s'est radicalement transformée. La nature des savoirs mis en œuvre, leurs découpages, leurs dynamiques internes et leurs relations changent. Les professions affrontent des rôles nouveaux, marquées par une économie des services et la nécessité de la coproduction. La commande devient un ensemble de processus, une ingénierie. Les sciences de l'organisation et cognitives aident à la compréhension de ces mutations, en particulier à travers les débats que suscite la référence au projet industriel tel qu'il est analysé par les sciences de gestion. Cette évolution des pratiques est directement liée à celle des acteurs et du design institutionnel. Elle focalise un ensemble de discours idéologiques et politiques, faits pour mobiliser les acteurs, dans une perspective décrite par les analystes de la gouvernance. Elle s'inscrit enfin dans une redéfinition des choix stratégiques qui orientent l'action des collectivités locales, dans un contexte mondialisé de restructuration des territoires productifs. On veut ici, à travers des exemples français, européens (Italie, Grande-Bretagne) et brésiliens, témoigner de ces différents aspects, sans chercher à imposer un paradigme ou un point de vue.
 

I – Projet urbain, maîtrise d'ouvrage, commande

 

II – HORS DOSSIER

 

N° 107 : Les États-Unis : un modèle urbain ?

Les villes nord-américaines nourrissent une abondante littérature. Des phénomènes, paysages ou processus qui les caractérisent ont été promus comme catégories essentielles de la pensée et de la pratique urbaine. Le vocabulaire des sciences sociales en porte la marque (gentrification, suburbanisation, edge city, CBD, etc.), et nous invite à lire la ville en anglais dans le texte. Les savoirs et les représentations vernaculaires partagent ce tropisme : il s'agit de villes qu'on a vues cent fois dans des films, des séries ou des informations télévisées, et dont les paysages en sont venus à figurer le décor urbain par excellence. Ainsi les villes nord-américaines, qu'elles incarnent la modernité (New York) ou la postmodernité (Los Angeles), la crise sociale ou la réussite économique, polarisent-elles les débats et les imaginations. Ce numéro d'Espaces et Sociétés pose deux questions très liées : comment voit-on la ville américaine, et que lui emprunte-t-on ? Pour répondre à celles-ci, les articles empruntent trois perspectives, et présentent : - des moments importants de la construction des regards européens sur la ville américaine : ceux de Louis-Ferdinand Céline, George Grosz et Fritz Lang sur New York, ceux des architectes russes puis soviétiques. - des points de vue non-européens : ce que les villes sud-africaines et brésiliennes empruntent à la culture et aux modèles urbains nord-américains. - le discours français contemporain sur la ville américaine : ce que les praticiens de nos espaces urbains et donc ce que nos villes elles-mêmes doivent aux métropoles américaines.
 

I – Les Etats-Unis : un modèle urbain ?

 

II – HORS DOSSIER

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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