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N° 156 - 157 (1-2/2014) : Où est passé le peuple ?



Les classes populaires racisées face à la domination dans les beaux quartiers de Paris

par Lydie Launay

Depuis 2001, la municipalité parisienne poursuit une politique de production de logements sociaux ambitieuse dans les beaux quartiers pour y loger des ménages de classes populaires. Cet article analyse les effets de ces mobilités résidentielles sur la production des rapports au territoire et à l’altérité de ces nouveaux habitants, en plaçant la focale sur les cohabitations perçues et vécues qui se structurent dans ce contexte de diversité imposée. À partir d’une enquête sociologique menée dans des immeubles sociaux du 8e arrondissement, il montre que ces habitants expérimentent une forte domination par l’espace qui articule des rapports sociaux de race et de classe. Ils s’y adaptent plus ou moins aisément et de manière différenciée selon leur trajectoire sociale et résidentielle. Alors que pour certains, s’inscrire en tant que minorités dans ce quartier est synonyme de marginalisation sociale, d’autres l’envisagent comme un levier d’ascension sociale, notamment à travers l’école et la sociabilité des enfants. Dans la pratique quotidienne, les sociabilités locales déployées par ces habitants représentent des ressources précieuses pour rompre leur isolement dans ce quartier, s’y ancrer, mais surtout, pour se préserver et résister à la forte stigmatisation à laquelle ils sont confrontés au sein de l’immeuble.

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N° 156 - 157 (1-2/2014) : Où est passé le peuple ?


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