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Appels à article



L’histoire dans la réflexion urbaine

Depuis la fin de la période dite des Trente Glorieuses et le diagnostic porté sur une crise de la ville, les historiens sont mobilisés pour répondre à une demande sociale et politique intense et diversifiée. Ils ont été appelés pour reconstituer la mémoire collective de quartiers, de villes entières, de groupes de décideurs et d’administrations. On leur a aussi demandé leur contribution pour fonder voire légitimer l’action publique. Certains sont devenus des chevilles ouvrières au sein de divers comités d’histoire des ministères, invités à revisiter les politiques des grands ensembles, du logement ou les origines des villes nouvelles. Parallèlement, quelques-uns se sont interrogés sur la possibilité de faire de l’histoire très contemporaine et sur l’épreuve à laquelle ils sont alors soumis : la proximité temporelle, les défaillances de la mémoire, l’inaccessibilité des sources, l’injonction de l’actualité. Mais l’histoire s’écrit aussi et souvent sans historiens.

Pour ce qui est de la recherche urbaine, elle a eu ses chroniqueurs (toujours non historiens de profession) cherchant tantôt du côté de la généalogie des concepts, tantôt du côté des cercles de débats, tantôt du côté des trajectoires intellectuelles, les causes et les formes d’évolution et de transformation de son champ spécifique. Pluridisciplinaire par vocation, celui-ci fait appel à la sociologie, la géographie, l’économie, les sciences politiques, l’architecture, l’urbanisme, et …l’histoire. Ces disciplines ont leur propre historiographie, comme leur récit de fondation, leur généalogie, leurs figures tutélaires. La recherche urbaine s’y perd parfois, ne sachant plus où se trouve l’unité de son objet.

Cet appel à articles d’Espaces et sociétés s’intéresse aux divers usages de l’histoire faits par la recherche urbaine sur les pratiques contemporaines.

Deux voies sont envisagées. D’abord revisiter la recherche urbaine et le rôle qu’y a tenu la discipline historique au sein ou autour du milieu dans lequel évolue depuis plus de trente ans la revue Espaces et sociétés. L’histoire a joué dans ce milieu un rôle éminent mais à statut et à finalités fort variables. Pour ne prendre que quelques exemples, les parcours intellectuels d’Alain Cottereau et de Christian Topalov, L’idéal historique promu par le CERFI ou les « modèles urbains » tels que les envisageait Bernard Lepetit donnent à voir comment la recherche urbaine a été visitée et enrichie par le métier et par le désir d’histoire. Et chez les jeunes chercheurs se perçoit aujourd’hui un besoin de renouveler les questions concernant les méthodes historiques et les différentes façons d’utiliser des explications fondées sur le passé. Ceci est particulièrement visible dans le champ des études sur les politiques publiques. Il s’agit donc, selon la seconde voie proposée, de s’interroger sur l’action publique, ses tenants et aboutissants aujourd’hui : l’histoire, qu’il faut entendre comme ensemble diversifié de reconstitution du passé, y tient parfois une fonction critique, parfois convenue ou ornementale… Il y a différentes façons pour l’action, celle des politiques et celle des « aménageurs », de s’adosser à l’histoire. Certaines prennent une forme de légitimation (laquelle, au nom de quoi et pour quoi faire ?…). D’autres luttent contre l’amnésie. D’autres encore posent des questions nouvelles, celle de la mémoire habitante, du patrimoine, du renouvellement urbain ou celle d’un développement respectueux des gens et des paysages.

On souhaite avoir sur ces deux entrées des approches théoriques et critiques, des analyses circonstanciées, des témoignages (par exemple de la part des historiens « enrôlés ») ou des regards épistémologiques. Ce numéro sera organisé de manière à laisser parler l’une et l’autre des deux voies dès lors que sera précisé le sens donné au mot histoire.

Merci de votre contribution.

Coordination du dossier
Danièle Voldman et Viviane Claude (Espaces et Sociétés)

Adresse pour la correspondance :
Viviane Claude
LATTS – École nationale des Ponts et chaussées
6-8, avenue Blaise Pascal – Cité Descartes
77455 Marne-la-Vallée Cedex 2
claude@enpc.fr
et
daniele.voldman@ihtp.cnrs.fr

Calendrier
2 avril 2006 : date limite de remise des articles



Attention, dorénavant la revue ne demande plus de
propositions d’articles mais directement les articles.

Les articles ne dépasseront pas 45 000 signes (espaces compris)
en incluant texte, notes, résumés, références bibliographiques, annexes.
Les conseils aux auteurs figurent dans chaque numéro.
Les normes de présentation sont disponibles sur le site de la revue



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