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La sécurité routière : question de société, question scientifique

Le Président de la République française a décidé de faire figurer la sécurité routière parmi ses grands chantiers. Cela entraîne, outre beaucoup de gesticulations, un nouvel intérêt pour ce thème, qui était devenu rituel. Les milieux de la recherche, ceux qui s’intéressaient déjà à la question et ceux qui lui étaient totalement étrangers se trouvent fortement sollicités. Cette interpellation s’adresse particulièrement aux chercheurs en sciences sociales et humaines, qui ont jusqu’à maintenant – et à quelques exceptions près – peu occupé ce terrain, souvent abandonné à la recherche technologique.
Espaces et Sociétés souhaite apporter une double contribution à ce mouvement, en offrant l’occasion à ceux qui s’occupent déjà de sécurité routière de faire le point des travaux existants, dans un contexte qui ne soit pas celui des organismes spécialisés ou des institutions chargées d’élaborer les politiques publiques, et en permettant à ceux qui ne sont pas des spécialistes d’aborder librement de nouvelles perspectives ou de définir de nouveaux champs d’investigation.
Une série de questions pourrait contribuer à structurer le numéro et à orienter les propositions d’articles. Elle couvre un champ très vaste :

- D’abord les raisons pour lesquelles on prétend, avec une certaine crédibilité, ne plus vouloir supporter ce qui finissait par sembler de l’ordre de la fatalité – en France et dans d’autres pays européens – : le nombre considérable de morts et de blessés sur les routes chaque année et les mauvais résultats obtenus par les diverses mesures destinées à limiter le nombre ou la gravité des accidents. Quels sont les raisons et les processus conjoncturels qui produisent cette “mise sur agenda” très ferme ? S’inscrivent-ils dans un (des) mouvement(s) tendanciel(s) et si oui le ou lesquels ?

- Les caractéristiques des infra-structures et des véhicules sont des sujets importants qui font l’objet de propos contradictoires, sous contrainte économique forte. Ils ont été abandonnés aux spécialistes de technologie, avec l’intervention de physiologistes et de quelques rares psychologues. Aujourd’hui il est parfois de bon ton de les laisser de côté pour concentrer la réflexion et l’action sur le comportement des conducteurs. Or, on sait bien que des questions méritent d’être posées sur l’impact (notamment à un niveau “culturel” plus que directement perceptif) des caractéristiques des infra-structures et des véhicules sur les comportements et les jugements des automobilistes. Mais comment les inscrire dans les débats actuels ?

- Pour autant, le comportement des automobilistes, et plus largement des agents et acteurs du déplacement routier, mérite d’être réinterrogé. En la matière, un bilan des modèles utilisés jusqu’à maintenant s’impose : qu’ont-ils effectivement apporté ? Quelles sont leurs limites ? Mais on peut (on doit ?) également explorer d’autres cadres d’analyse. La problématique du risque et de la prise de risque (qui justifie la double démarche de bilan et d’ouverture), celle du rapport à la norme, qui nous amène aussi bien du côté de l’anthropologie philosophique que de travaux très empiriques, ou encore l’analyse compréhensive (au sens weberien, bien entendu !) de ce que sont véritablement les évolutions et les problèmes dans les comportements des automobilistes, ce qui conduit à s’éloigner aussi bien de l’accidentologie que des enquêtes d’opinion.

- Les acteurs de la route et de la sécurité routière n’ont fait l’objet que d’un nombre limité d’études aussi bien du point de vue d’une analyse classique des professions que de celle des systèmes d’acteurs et de coopération ou encore des savoirs mobilisés et des processus de leur mise en œuvre. D’autres développements sont possibles.

- Cette analyse des acteurs est d’autant plus utile qu’elle peut s’associer avec celle d’un mouvement majeur qui permet en outre d’intéressantes comparaisons internationales : celui des politiques publiques de sécurité routière (sur les dernières décennies) et en particulier de leur territorialisation, avec la montée en puissance des collectivités territoriales dans ce domaine.

Merci de votre contribution.

Coordination du dossier
Alain BOURDIN (Espaces et Sociétés)


Pour tout renseignement, contactez :

Alain BOURDIN
Institut Français de l’Urbanisme

4, rue Nobel – Cité Descartes
77 436 – Marne-la-Vallée cedex
bourdin@msh-paris.fr



Les propositions d’articles doivent tenir sur une page.
Les articles ne dépasseront pas 40 000 signes (hors espaces)
tout compris (notes, résumés, références bibliographiques).
Les normes de présentation sont disponibles sur le site de la revue



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