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Espaces notoires de trafic

Des lieux sont connus pour être les espaces de « trafics », c’est-à-dire d’échanges qui requièrent la discrétion du fait de leur caractère illégal ou parce que ces trafics impliquent une déviation ou de « petits arrangements » par rapport à une norme sociale de référence.

Ce type d’espace semble donc caractérisé par une ambivalence fondamentale entre sa nécessaire « notoriété », dans la mesure où les clients doivent pouvoir en connaître l’existence et s’y rendre et sa non moins nécessaire « invisibilité », afin que le trafic puisse se dérouler dans une relative tranquillité.

Les articles de ce dossier pourront porter sur différentes parties du monde et sur tous les types de trafic : drogue, argent, armes, cigarettes, produits piratés mais aussi êtres humains ou organes… Nous recherchons des contributions qui porteront sur l’identification, la création, le fonctionnement et les implications de ces espaces notoires de trafic.

Les plus connus se trouvent en contexte urbain, mais nous souhaitons également rendre compte de résultats de recherches portant sur des contextes ruraux. Ces espaces ne concernent pas seulement les quartiers et activités considérés comme « populaires » (lieux connus pour le deal ou la prostitution de rue, « marchés aux voleurs », etc.) mais aussi les milieux privilégiés : dans quelle mesure les paradis fiscaux, des cercles et clubs privés protégés des regards indiscrets, des restaurants ou des boîtes de nuit, etc., sont-ils des espaces de trafic connus ? La notoriété d’un espace de trafic pourra en conséquence concerner un milieu social particulier (classe sociale, classe d’âge, secteur professionnel…) ou le grand public dans son ensemble.

Comment un lieu devient-il un espace notoire de trafic et, s’il n’est notoire que dans un milieu social particulier, comment sa notoriété y est contrôlée ? Quelles stratégies et quels moyens sont-ils utilisés ?

Comment un espace notoire de trafic peut-il le rester ? Ces lieux échappent-ils totalement aux autorités publiques ? Quels rapports à l’espace sont mis en place par les vendeurs, les acheteurs et les autorités ? Que signifient ces situations pour les personnes qui fréquentent ces espaces, y habitent ou y travaillent, sans être impliquées dans les trafics ? Comment s’établit et se modifie la limite entre le connu et le caché ?

Les lieux concernés en sont-ils durablement marqués (problématique et temporalité de la « mauvaise réputation ») ? Quelles en sont les conséquences pour le marché de l’immobilier, les projets de rénovation, de réhabilitation ? Ou encore pour la gentrification, le tourisme, les événements sportifs et les opérations militaires…

Quels rôles jouent les espaces qui centralisent les flux, les lieux de transit de personnes et de marchandises (ports et docks, nœuds routiers, entrepôts et zones de fret, aéroports, gares, marchés…) ? Qu’en est-il des espaces interstitiels, périphériques ou frontaliers, des espaces ghettoïsés, des zones de chaos, en guerre ou en guérilla civile ou militaire, ou encore des espaces inhabités, difficilement accessibles, désertiques ou abandonnés ? Quelles peuvent-être les circulations et les interdépendances entre différents espaces de trafic ?

Cette liste de questions n’est qu’indicative et nous accueillerons avec intérêt tout texte comportant une dimension comparative et une forte dimension spatiale.

Merci de votre contribution.

Coordination du dossier
Thomas Sauvadet et Jérôme Monnet

Calendrier
1er mars 2012 : date limite de remise des articles
15 avril 2012 : informations aux auteurs

Adresse pour la correspondance :
de préférence en version électronique par courriel

thomassauvadet@hotmail.com
jerome.monnet@univ-paris-est.fr


ou par voie postale ent trois exemplaires :

Thomas Sauvadet
9 rue du 2 décembre 1870
94360 Bry-sur-Marne

Attention, dorénavant la revue ne demande plus de propositions d’articles mais directement les articles.
Les articles ne dépasseront pas 42 000 signes (espaces compris) en incluant : texte, notes, références bibliographiques, annexes ; ne seront pas compris dans ce total les résumés, les illustrations, cartes et graphiques. Les conseils aux auteurs figurent dans chaque numéro. Les normes de présentation et les conseils aux auteurs sont disponibles sur le site de la revue



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