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Économie des territoires et territoires de l’économie

La période contemporaine se caractérise par la coexistence de deux logiques de croissance, en termes de globalisation et de polarisation, coexistence qui touche aussi bien les activités productives que les échanges de biens et services. Le processus de mondialisation s’accompagne ainsi non seulement d’un déséquilibre entre régions mais encore de phénomènes de concentration spatiale à l’intérieur de ces mêmes zones géographiques.
Cette tension entre local et global, maintenant assez ancienne pour ne plus être considérée comme un paradoxe, prend des formes diverses, de l’internationalisation à la résurgence de l’identitaire en passant par les procédures de décentralisation, et doit se replacer au sein d’un mouvement plus général, qui touche aussi bien les entreprises que les structures administratives et étatiques, soumises elles aussi à la tension entre deux polarités autrefois antinomiques. On invente alors, faute de pouvoir qualifier l’émergence de deux processus de croissance autrefois considérés comme incompatibles, de vilains néologismes, comme la glocalisation, ou l’on parle du dépassement nécessaire de l’antinomie entre développement local, croissance globale et abolition des distances.
La relation entre local et global recèle effectivement encore bien des ambiguïtés, et la penser ne va pas sans peine, ni heurts. Ainsi, il est parfois difficile de comprendre (voire d’admettre) comment et pourquoi l’ouverture au monde renforce le recours aux réseaux locaux, en particulier pour des activités qui peuvent apparaître les plus dégagées des contingences locales, comme les nouvelles technologies et l’innovation. Ou encore, sur la base de quels critères des entreprises connues pour leurs penchants à la délocalisation vont soudain consacrer des volumes d’investissement importants à leur implantation sur une zone géographique qui supporte des coûts particulièrement élevés ? Les auteurs des articles sont invités à répondre à une série d’interrogations qui se posent à l’économie territoriale contemporaine ; nous en évoquons ici quelques-unes :
- Quel est le rôle des réseaux locaux et comment déterminent-ils la localisation des activités économiques ? Les activités distinctes sont-elles associées à différentes proximités (géographique, organisationnelle, technologique, institutionnelle) ?
- La prise en compte des dimensions culturelles de l’organisation économique permet-elle d’apporter des réponses originales aux questions que se posent aujourd’hui les chercheurs réfléchissant sur les espaces économiques ? Les interrogations sur les relations du capital social et la dynamique économique aident-elles à progresser dans la compréhension de l’économie localisée ? Comment l’offre de spécificité territoriale devient un avantage territorial dans la concurrence internationale et comment peut-on l’appréhender ?
Un examen de la littérature économique contemporaine, à la recherche des facteurs explicatifs de la relation entre activités économiques et territoires et du double mouvement, parfois contradictoire, entre globalisation et localisation, montre que les analyses privilégient souvent l’une ou l’autre des solutions. Ce sont surtout les explications en faveur de la polarisation qui prédominent, qu’il s’agisse des activités de production ou d’innovation. Mais elles sont en partie battues en brèche par les faits, eux-même corroborés par des analyses visant à expliquer la mondialisation des activités ou l’apparition de processus de croissance. Aujourd’hui apparaissent des éléments en faveur de la réconciliation des deux thèses, qu’il s’agisse de la mise en évidence de phases successives de divergence et de convergence des échanges, ou de la remise en cause du caractère volontariste des processus de concentration spatiale de l’innovation. La notion d’avantage comparatif, introduite par Ricardo, a connu une intensification dans la littérature. Il sera intéressant de revisiter les analyses des différentes interprétations de ce concept, et de s’interroger sur son sens contemporain.

Merci de votre contribution.

Coordination du dossier
Georges BENKO (Espaces et Sociétés)


Pour tout renseignement, contactez :

Georges BENKO
Université Panthéon-Sorbonne
191, rue Saint-Jacques, 75005 Paris
gb@univ-paris1.fr



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