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Action “citoyenne” et débat public dans la ville

La transformation de la gestion urbaine et environnementale a été marquée ces dernières années par le succès du thème du débat public et de la délibération démocratique. Cela a contribué à renouveler la recherche sur la participation des citoyens aux affaires publiques. Mais ce succès repose sur des ambiguïtés qu’il faut questionner : si les demandes citoyennes sont mieux reçues aujourd’hui par les professionnels, les administrations et les responsables politiques, et si la participation représente parfois un enjeu des politiques urbaines, peut-on parler d’une transformation des conceptions de la démocratie et de l’émergence de nouvelles pratiques ? N’assistons-nous pas, au contraire, à des phénomènes au bout du compte hétérogènes, à l’éclosion d’une multiplicité d’expérimentations et à la constitution d’une panoplie de bricolages institutionnels (panels de « citoyens », conseils de quartier, audiences publiques tenues selon diverses procédures, sondages délibératifs) sans véritable cohérence ? Dans quelle mesure pouvons-nous parler du développement d’un dénominateur commun, élargir la représentation politique et donner une nouvelle légitimité à l’idée d’une participation active des citoyens aux affaires publiques qui contribuerait à reformuler le champ de l’action et de la planification urbaine ?
L’institutionnalisation du débat public, que nous définissons comme l’instauration d’une norme délibérative dans la gestion publique sous diverses modalités, converge à plusieurs égards avec l’institutionnalisation de l’action collective. La réappropriation d’un discours participatif par les
élites et les institutions passe-t-elle par la canalisation et la domestication de l’action des groupes de citoyens ou des mouvements sociaux par le biais du financement, de la cooptation ou du partenariat ? Dans quelle mesure les procédures ou les mécanismes institués de débat public servent-ils à accroître la présence des groupes sociaux qui défendent des intérêts sectoriels ou marginaux dans l’espace public ? De ce point de vue, comment s’articulent des modes de gouvernance à l’échelle métropolitaine avec des dispositifs spécifiques de gestion urbaine participative à l’échelle du quartier ? Voilà un certain nombre de questions à explorer sur la portée effective du débat public aujourd’hui, en termes de démocratisation des processus de fabrication et de gestion de la ville.
Notre intention ici n’est pas de trancher entre des lectures antagoniques : la participation comme vecteur d’émancipation ou, au contraire, d’instrumentalisation et d’embrigadement. Dans le prolongement du dossier récent, « Ville et démocratie » (n°112, 2003), Espaces et sociétés veut maintenant explorer et comparer les conséquences concrètes, pour les acteurs sociaux, de
la mise en place de politiques de débat public ou de mécanismes institutionnels destinés à élargir les processus de participation des citoyens aux affaires urbaines dans divers pays et dans différentes villes. Comment les acteurs des mouvements sociaux contribuent-ils à définir ces politiques et ces mécanismes ? Quelle importance leur accordent-ils en vertu de leur engagement
passé et de leurs modes d’action actuels ? Quelles sont leurs demandes spécifiques à cet égard ? Le débat public transforme-t-il les répertoires de l’action collective ? Pouvons-nous dégager des tendances dans l’utilisation que font ces acteurs des procédures délibératives, indépendamment des pays et des villes ? Que deviennent les forums traditionnellement organisés par les mouvements sociaux en marge des institutions étatiques sur le terrain de la société civile ? Dans quelle mesure le fonctionnement administratif local devient-il à travers ces évolutions plus perméable aux mouvements urbains ?
Ces questions ne sont pas exhaustives. Elles témoignent simplement d’une intention d’explorer les conséquences ou la portée pour les acteurs des mouvements sociaux de la mise en place de politiques et de mécanismes de délibération et de débat public dans divers pays et, en particulier, dans une série de grandes agglomérations autour des problèmes reliés à l’aménagement
urbain.
Les articles proposés pourraient traiter des aspects suivants :
– la discussion de l’une ou l’autre des questions évoquées plus haut à partir de l’analyse de cas concrets ;
– des considérations théoriques sur les enjeux du débat public dans le domaine de l’aménagement et de la planification urbaine du point de vue des acteurs sociaux ;
– des approches comparatives permettant de mettre en situation des dynamiques et des contextes contrastés.

Merci de votre contribution.

Coordination du dossier
Pierre Hamel et Maurice Blanc (Espaces et Sociétés)
avec la collaboration de Marie-Hélène Bacqué et Yves Sintommer

CALENDRIER
15 septembre 2004 : date limite de réception des propositions d’article (une page)
15 octobre 2004 : information des auteurs des propositions retenues
15 janvier 2005 : date limite de remise des articles


Adresse pour la correspondance :

Pierre Hamel
Département de sociologie
Université de Montréal
C.P. 6128, Succursale Centre-ville
H3C 3J7 Montréal
(Québec) Canada
pierre.hamel@umontreal.ca



Les articles ne dépasseront pas 50 000 signes (espaces compris)
en incluant texte, notes, résumés, références bibliographiques, annexes.
Les conseils aux auteurs figurent dans chaque numéro.
Les normes de présentation sont disponibles sur le site de la revue



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