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N° 101-102 : 30 ans : anciens débats nouvelles questions



Briser les murs de l’exclusion

par Jean-Pierre LEFEBVRE

Depuis 1950, la “ville” et la “vie” sont imbriquées dans les problématiques urbaines françaises. Contre la crise du logement, l’après-guerre adopte la Charte d’Athènes (Le Corbusier) : standardisation, zonage et destruction du tissu historique au profit de barres et de tours. Mai 1968 procède à la critique de cette “antiville”. Mais elle débouche sur les “grands ensembles horizontaux” du pavillonnaire et le pastiche historiciste. Renaudie et les architectes organiques résistent en assumant la complexité d’un urbanisme moderne favorable à la mixité et à la communication. Ils ont construit 4 000 logements dans des cités-jardins audacieuses et conviviales. Cette expérience bute sur la crise et l’hostilité bureaucratique des technocrates. Malgré leur réhabilitation, les grands ensembles deviennent des “ghettos”. L’urgence est dans une politique favorable à un meilleur partage des richesses, des formations et de l’emploi. Son corollaire est la démolition des grands ensembles et la construction de cités-jardins écologiques. C’est ce qu’a fait, de 1974 à 1994, la société d’équipement de la Seine Saint-Denis. Une telle orientation supposerait une réforme démocratique permanente, amenant le dépérissement de l’Etat et l’autogestion.

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