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N° 108-109 : Espaces modes d'emploi



Peut-on encore parler de quartiers populaires ?

par Marie-Hélène BACQUÉ, Yves SINTOMER

La notion de quartier populaire n’est plus guère utilisée. Elle était apparue dans les années 60 pour analyser en positif plutôt que comme source de problèmes un monde social (au reste en voie de disparition). Aujourd’hui, les quartiers où vivent les couches défavorisées sont de nouveau appréhendés selon la logique du manque : absence de lien social, culture et aspirations importées des classes moyennes, mobilité réduite, enclavement spatial… Pourtant, des cités populaires comme Allende (Saint-Denis) ou Cochennec (Aubervilliers) sont bien des supports d’identité ; appuyées sur une stabilité résidentielle notable, des formes renouvelées de sociabilité s’y développent et ne sont pas en contradiction avec les mobilités urbaines. Les classes populaires de ces territoires, massivement touchées par la précarisation de la société salariale, sont cependant moins à même de travailler à leur unification et peinent en particulier à réguler les conflits inter-générationnels. Elles ne sont plus représentées politiquement et l’idée de la “ville populaire” n’a plus aujourd’hui qu’une portée localisée.

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