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I – La place de l'animal



Les controverses relatives à la démoustication de la Camargue : rapports à l’animal et au territoire.

par Cécilia CLAEYS-MEKDADE

epuis les années 1990, la démoustication est en Camargue l’objet de vifs débats. La controverse, faut-il ou non démoustiquer, est tout autant scientifique, économique, politique et culturelle. En un premier temps, une prise de recul historique permet de mieux saisir les conflits de représentations à l’œuvre dans la controverse. En un second temps, cet article met en exergue l’émergence de la figure paradoxale du “nuisible utile” qui amène les acteurs sociaux à construire plus ou moins explicitement les catégories de “moustiques des villes” et de “moustiques des champs”, au sein desquelles conceptions scientifiques et
“profanes” s’entremêlent. Le moustique des champs est à protéger, en tant qu’élément de l’écosystème. Le moustique des villes est considéré de trop. Enfin, cet article montre comment, qu’il soit des villes ou des champs, le moustique constitue aux yeux des Camarguais une frontière vivante. Le “vrai Camarguais” se doit ne de pas “craindre” les moustiques, qui sont réputés tenir à l’écart des touristes que les uns souhaitent voir plus nombreux et que les autres redoutent. In fine, la controverse relative à la démoustication de la Camargue soulève la question plus largement de la politique de gestion de ce territoire, en tant qu’espace “naturel” protégé et support d’activités économiques.

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