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N° 115 : Ambiances et espaces sonores



Ignoti nulla cupido (On ne désire pas ce qu’on ne connaît pas)

par Bernard DELAGE

L’acousticien ne bénéficie pas aujourd’hui du crédit accordé aux techniciens-artistes que sont les concepteur-lumières, les scénographes, les paysagistes. Pourtant, l’art et la science des acousticiens permettront que, demain, l’hyperdensité urbaine soit possible et sauve la planète du bétonnage généralisé. Est-ce parce que l’acousticien n’apparaît capable que d’améliorations (diminuer la gêne) là où on lui demande un aboutissement (supprimer la gêne) ? Supprimer la gêne implique une attitude politique résolue des aménageurs de la ville, qui doivent cesser de réduire l’espace urbain à un assemblage de ” boîtes ” étanches, connectées par des espaces ou des dispositifs publics, organisant une partition de la ville entre bruit et silence. Supprimer la gêne ne se fera qu’en cherchant patiemment, obstinément, amoureusement, ce qui dans ce bruit qui est le propre et la merveille de la ville peut être rejeté, limité, développé, sublimé, échangé. Quant aux politiques, il leur revient de permettre l’invention des dispositifs (techno-intellectuels, spatio-temporels, socio-culturels) qui permettent que, plus jamais et quelques soient les pressions exercées par le lobby des marchands d’engins de communication soit-disant avancée, le rapport de l’homme à son milieu ne puisse être réduit à un rapport de contenu à contenant.

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