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N° 128-129 Émeutes en banlieues : lectures d'un événement



Une violence éminemment contemporaine. L’espace public urbain comme scène « post-historique »

par Jean-Pierre GARNIER

Violence gratuite », « violence aveugle », « violence absurde »… Ces appréciations rituelles qui stigmatisent la révolte sans revendications ni porte-parole d’une jeunesse sans avenir ont ressurgi à propos des « émeutes » de novembre 2005. Chargés d’en décrypter le sens, des chercheurs s’évertuent, une fois de plus, à élucider les raisons de cette « violence muette », alors que c’est sur sa nature qu’il eût convenu de s’interroger enfin. N’aurait-on pas affaire, aux plans sociologique, anthropologique, historique
voire philosophique, à une mutation de la conflictualité sociale ? L’hypothèse présentée ici est que ces violences « insensées » témoignent du passage d’une « violence historique » à une autre que nous dénommerons « violence contemporaine », propre à une époque où les idéaux d’émancipation ne sont plus d’actualité. « Descendre dans la rue » acquiert, dès lors, un tout autre sens que jadis pour les dominés. Mots-clés : déclassés, dépolitisation, haine réactive, histoire.

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